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Copropriété : travaux et aménagements dans l'appartement du propriétaire occupant

Les travaux ou aménagements réalisés dans un appartement concernent les parties privatives de l’immeuble, c’est-à-dire les espaces réservés à l’usage exclusif du propriétaire. Par conséquent, ces travaux sont à la charge du copropriétaire qui les entreprend ou les fait réaliser. Même si le propriétaire dispose en principe de la liberté d’aménager son logement, il est essentiel de déterminer si les travaux envisagés ont un impact sur les parties communes ou modifient l’aspect extérieur de l’immeuble. Dans ce cas, des règles spécifiques s'appliquent. Nous vous présentons les informations à connaître.

Travaux réalisés exclusivement sur des parties privatives

Les parties privatives sont les éléments d’un immeuble réservés à l’usage exclusif d’un copropriétaire. Elles sont définies par le règlement de copropriété , qui en donne une liste complète.

Par exemple, il peut s'agir des cloisons non porteuses, des portes intérieures, des fenêtres ou des volets, des installations électriques, sanitaires, des revêtements de sol ou des équipements intérieurs (cuisine, salle de bain, placards intégrés).

Peut-on librement réaliser des travaux dans ses parties privatives ?

Chaque copropriétaire use et dispose librement des parties privatives comprises dans son lot . Le propriétaire peut donc, en principe, faire des travaux dans son appartement sans avoir besoin d'une autorisation de l'assemblée générale des copropriétaires.

Quelles sont les limites à la liberté de réaliser des travaux dans ses parties privatives ?

Il existe 2 limites à la liberté de réaliser des travaux dans les parties privatives, à savoir :

Destination de l'immeuble

La destination de l'immeuble correspond à ce pour quoi un immeuble a été construit. Elle se détermine par plusieurs éléments, dont notamment les stipulations du règlement de copropriété , les qualités de l'immeuble (architecture, matériaux de construction, finitions, standing, niveau social, usage – habitation, mixte, commercial…), sa situation géographique ou environnementale.

Cette destination de l'immeuble s'impose à tous les copropriétaires.

Les travaux sur les parties privatives doivent donc se conformer à la destination de l'immeuble. Par exemple, si l'immeuble est exclusivement à usage d'habitation, un appartement ne peut pas être transformé en local commercial.

À savoir

La réalisation de travaux portant atteinte à la destination de l'immeuble nécessite l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires. Cette décision est adoptée à l' unanimité .

Le règlement de copropriété peut également contenir une clause sur « l'harmonie de l'immeuble » . Cette clause oblige le copropriétaire à respecter l'esthétique d'ensemble du bâtiment. C'est par exemple le cas pour une couleur imposée de volets ou l'interdiction de modifier certains éléments apparents de l'extérieur (fenêtres, enseignes, stores etc.).

Droits des autres copropriétaires

Les travaux dans un appartement ne doivent pas porter atteinte aux droits des autres copropriétaires.

Ainsi, le copropriétaire ne doit pas causer de dommages matériels à son voisin, de troubles anormaux du voisinage ou une violation des droits des autres copropriétaires issus du règlement de copropriété.

Exemple

Il est interdit de :

La réalisation de travaux portant atteinte aux droits des autres copropriétaires nécessite l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires. Cette décision est adoptée à l' unanimité .

Quelles conséquences en cas de non-respect des règles ?

Les travaux sur partie privative, portant atteinte à la destination de l'immeuble ou aux droits des autres copropriétaires, doivent être autorisés par l'assemblée générale des copropriétaires. Cet accord doit intervenir avant le début des travaux.

Le copropriétaire peut :

Si les travaux sont réalisés en l'absence d'une telle autorisation (accord non demandé ou non obtenu), ils sont irréguliers . Dans ce cas, le syndic peut obliger le copropriétaire à remettre en état le logement , ce qui peut conduire à la démolition de ce qui a été fait.

Si la tentative de règlement amiable est un échec, il peut agir en justice devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble.

Travaux sur parties privatives affectant des parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble

Les parties communes sont les éléments d’un immeuble réservés à l'usage ou à l'utilité de tous les copropriétaires ou de plusieurs d'entre eux. Elles sont définies par le règlement de copropriété , qui en donne une liste complète.

Si ce n'est pas le cas, la loi détermine les parties communes. Il s'agit notamment :

Lorsqu'un copropriétaire réalise des travaux dans son appartement, il peut être amené à intervenir sur des parties communes (par exemple, perforation d'un mur porteur) ou affecter l'aspect extérieur de l'immeuble (par exemple, changement de fenêtre).

Dans ce cas, des règles spécifiques s'appliquent.

Travaux sur parties privatives affectant les parties communes

Certains travaux réalisés dans un appartement ont un impact sur les parties communes de l'immeuble. Plusieurs étapes sont alors à respecter pour pouvoir effectuer ces travaux.

Vérifier que les travaux ne sont pas interdits par le règlement de copropriété

Tout d'abord, il est nécessaire de s'assurer que les travaux envisagés ne sont pas interdits par le règlement de copropriété . Si c'est le cas, ils ne peuvent pas être réalisés.

Vérifier que les travaux respectent la destination de l'immeuble et les droits des autres copropriétaires

Ensuite, il faut vérifier que les travaux souhaités respectent :

Attention

Lorsque les travaux envisagés concernent l’ isolation thermique de la toiture ou du plancher, il est nécessaire de vérifier qu’ils ne portent pas atteinte à la structure de l’immeuble, à sa sécurité et à sa salubrité . Ils ne doivent pas non plus faire partie du plan pluriannuel de travaux adopté par le syndicat des copropriétaires .

Obtenir l'autorisation de l'assemblée générale de réaliser les travaux

Enfin, le copropriétaire doit obtenir l'accord des autres copropriétaires en assemblée générale. Cette autorisation doit intervenir avant le début de vos travaux .

Cette décision est prise à la majorité absolue (dite majorité de l'article 25).

Néanmoins, si les travaux entraînent une appropriation ou une destruction de parties communes, ils doivent être autorisés à la double majorité (dite majorité de l'article 26).

Pour obtenir cette autorisation, le copropriétaire peut :

Lorsque les travaux concernent des travaux pour l'accessibilité des logements aux personnes handicapées ou à mobilité réduite ou des travaux d'isolation thermique de la toiture ou du plancher, il est obligatoire de fournir un descriptif détaillé des travaux . Le descriptif doit présenter :

Le descriptif doit être accompagné d’un plan technique d’intervention .

Si ces documents ne sont pas envoyés au syndic, il ne pourra pas inscrire le projet de résolution à l’ordre du jour de l’assemblée générale.

Attention

L'autorisation de réaliser des travaux privatifs sur les parties communes ne peut être accordée ni par le conseil syndical , ni par le syndic.

Si l'assemblée générale a voté contre la réalisation de vos travaux, le copropriétaire dispose d'un délai de 2 mois à compter de la réception du procès-verbal de cette assemblée pour demander l'annulation de ce refus. Il faut alors saisir le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. Cette action nécessite l'accompagnement d'un avocat.

Par ailleurs, s'il s'agit de travaux d'amélioration (améliorent le confort, la sécurité ou la valeur de la copropriété), le copropriétaire peut demander au juge d'être autorisé à les réaliser.

Travaux sur parties privatives affectant l'aspect extérieur de l'immeuble

Les travaux ou aménagements envisagés dans un appartement peuvent nécessiter une modification de l'aspect extérieur de l'immeuble.

Il s'agit principalement des travaux affectant les ouvertures (fenêtres, chassis, pose de barreaux etc), ceux liés aux conduits d'évacuation ou à l'installation d'une climatisation.

Dans ce cas, le copropriétaire doit obtenir une autorisation de l'assemblée générale des copropriétaires avant de pouvoir les engager.

Cette décision est votée à la majorité absolue (dite «de l'article 25» ).

Pour obtenir cette autorisation, le copropriétaire peut :

Attention

Les travaux réalisés sans autorisation de l'assemblée générale sont irréguliers. Dans ce cas, le syndicat des copropriétaires peut exiger l'arrêt des travaux et demander la démolition des ouvrages déjà réalisés, y compris en justice.

Dans certains cas, les travaux ayant obtenu l'accord des copropriétaires nécessitent également une  autorisation d'urbanisme . Il s'agit par exemple des travaux suivants :

Direction de l'information légale et administrative

18/02/2026

Questions / réponses

Peut-on forcer un propriétaire à insonoriser son logement ? Quelles sont les règles de vote en assemblée générale de copropriété ? Peut-on changer l'affectation d'un lot de copropriété ?

Où s'adresser

Agence départementale pour l'information sur le logement (Adil)

A voir aussi :

Parties privatives réservées à l'usage exclusif de son copropriétaire

Définitons

Parties communes d'une copropriété : Parties communes d'une copropriétéParties de bâtiments (couloirs, chaudière, canalisation, garde-corps...) et des terrains (jardins, parcs...) affectés à l'usage ou à l'utilité de tous les copropriétairesLoi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis

Lot de copropriété : Lot de copropriétéPartie de bâtiment comportant obligatoirement une partie privative et une quote-part de parties communesLoi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis

Unanimité (copropriété) : Unanimité (copropriété)Tous les copropriétaires composant le syndicat doivent donner leur accord à une décision pour qu'elle soit votée

Troubles anormaux du voisinage : Troubles anormaux du voisinageNuisances ou gênes anormales causées par un voisin. Ces troubles peuvent être sonores, olfactifs (odeurs) ou visuels. Ils dépassent les inconvénients ordinaires de la vie en collectivité.

Ordre du jour : Ordre du jourListe des sujets qui seront discutés et votés lors de l'assemblée générale des copropriétaires

Assemblée générale ordinaire : Assemblée générale ordinaireRéunion annuelle obligatoire lors de laquelle sont notamment discutés par les copropriétaires, le budget prévisionnel et l'approbation des comptes

Isolation thermique : Isolation thermiqueEnsemble des techniques et matériaux qui servent à empêcher la chaleur de sortir en hiver et d’entrer en été

Salubrité (logement) : Salubrité (logement)Logement ne présentant aucun danger pour la santé (pas d’humidité excessive, de moisissures, de plomb, d’amiante, etc.) et la sécurité de ses occupants

Syndicat des copropriétaires : Syndicat des copropriétairesEntité juridique composé par l'ensemble des copropriétaires d'un immeuble

Majorité absolue : Majorité absolueMajorité des voix de tous les copropriétaires de l'immeuble (présents, représentés et absents)

Double majorité (copropriété) : Double majorité (copropriété)Majorité des 2/3 des voix de tous les copropriétaires (présents, représentés ou absents lors de l'assemblée générale)

Références

Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 : article 3 Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 8 Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 9 Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 8-1 Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 10 Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 10-1 Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 10-4 Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété : article 25 Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 42