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Abus de faiblesse

Vous avez acheté un canapé à prix fort après une visite à domicile du vendeur ? Vous pouvez être victime d'un abus de faiblesse ou d'un abus de l'état d'ignorance . Ces abus peuvent amener la victime à un acte ou à une abstention gravement préjudiciable pour elle. Nous vous présentons les informations à connaître.

Qu'est-ce que l'abus de faiblesse ou l'abus d'ignorance ?

Eléments constitutifs de l'infraction

L'abus de faiblesse ou l'abus d'ignorance est un délit .

Ce délit existe si 3 éléments sont réunis :

C'est le cas lorsqu'une personne profite de la vulnérabilité d'une autre pour la conduire à faire un acte ou une abstention contraire à son intérêt.

La vulnérabilité doit être visible ou connue par l'auteur des fait s .

La vulnérabilité peut être due à  l' âge (mineur, personne âgée), la maladie , l' infirmité , le handicap physique ou mental ou l' état de grossesse . Cela peut être aussi un état dépressif durable ou momentané.

La victime n'a pas conscience de ses actes et en ignore les conséquences .

Il peut s'agir, par exemple, d'une personne âgée qui ne mesure pas les conséquences financières de son engagement. Il en est de même, du mineur qui souscrit un contrat sans avoir la capacité juridique .

La victime peut aussi être en état de sujétion psychologique ou physique , en cas de pressions graves et répétées ou de techniques perturbant son jugement (dans les sectes par exemple).

À savoir

Il existe une protection particulière des personnes âgées et des personnes malades . Il est interdit de faire une donation ou un testament en faveur des professionnels de santé, par exemple, un médecin, un infirmier, un aide-soignant, un pharmacien...Seuls les cadeaux de faible valeur sont possibles (chocolats, par exemple).

Connaître les infractions voisines de l'abus de faiblesse ou de l'abus d'ignorance

L'abus de faiblesse ou l'abus d'ignorance ne doivent pas être confondus avec :

Exemples d'abus de faiblesse

L'abus de faiblesse ou l'abus d'ignorance peut prendre des formes variées :

En cas de contrat commercial , il peut y avoir un abus lorsque l'engagement du consommateur est obtenu dans les circonstances suivantes :

Quelles peines sanctionnent l'auteur d'abus de faiblesse ou d'abus d'ignorance ?

L'abus de faiblesse ou l'abus de l'état d'ignorance est puni de 3 ans de prison et de 375 000 € d'amende.

Lorsque les abus sont commis par le responsable d'une association sectaire, les peines encourues sont de 5 ans de prison et 750 000 € d'amende.

Lorsque les abus sont commis par les membres d'une association sectaire en bande organisée , les peines encourues sont de 7 ans de prison et 1 000 000 € d'amende.

Des peines complémentaires peuvent être prononcées : interdiction d'exercer une activité professionnelle, affichage de la décision judiciaire, fermeture d'établissement...

À savoir

Le complice de ces abus risque la même peine que l'auteur des faits.

Que peut faire la victime d'abus de faiblesse ou d'abus d'ignorance ?

La victime dispose de plusieurs actions.

Résolution à l'amiable du contrat

Le contrat peut être annulé pour vice de consentement .

La demande d'annulation peut être faite sur papier libre en suivant un modèle :

Demander l'annulation d'une vente à domicile pour abus de faiblesse ou abus d'ignorance

La demande peut être adressée au professionnel concerné.

Si l'annulation de l'acte est demandé, la victime doit apporter la preuve de l'abus de faiblesse ou de l'abus d'ignorance, par tout moyen. Par exemple, cela peut être un certificat médical indiquant sa vulnérabilité au jour de l'engagement contractuel.

La victime peut demander l'annulation du contrat frauduleux et la restitution de la somme d'argent versée. Elle peut aussi demander des dommages-intérêts en réparation de son préjudice .

À noter

À partir du jugement de curatelle, tutelle..., il peut y avoir une demande en réduction ou en annulation des actes passés par le majeur. Cela est possible seulement si un contrat ou un document abusif a été signé par le majeur, dans un délai de 2 ans maximum avant le jugement de protection.

La victime a 5 ans pour demander la nullité de l'acte contesté.

En cas de décès de la victime , l'action peut être engagée par ses héritiers seulement si le préjudice de la victime était existant avant son décès.

Si la victime est mineure au moment des faits, le délai de 5 ans court à compter de sa majorité .

Si la victime est un majeur protégé , la prescription de 5 ans court à compter du jugement qui décide de la mesure de tutelle ou de curatelle.

Résolution judiciaire du contrat

La victime peut saisir le tribunal judiciaire pour demander la résolution judiciaire du contrat.

Elle peut également demander des dommages et intérêts .

Elle doit prouver que l'abus commis par l'auteur ainsi que ses conséquences sont intentionnels et qu'il connait sa vulnérabilité .

Devant le tribunal judiciaire , la victime doit être représentée par un avocat sauf dans certains cas .

Elle doit saisir le tribunal par assignation ou par requête .

Dépôt de plainte

La victime peut déposer plainte pour ces faits.

Si la victime est mineure , elle peut faire cette démarche   seule ou en étant accompagnée de ses parents.

Si la victime est sous tutelle , c'est le tuteur qui porte plainte en son nom.

Si la victime est sous curatelle , le curateur l'assiste.

La plainte doit être déposée dans un délai de 6 ans à compter du jour où les faits ont été commis .

Si les faits ont été répétés par l'auteur , c'est le dernier acte commis qui fera commencer le délai.

Si les faits ont été cachés par l'auteur , c'est une cause d'allongement du délai qui ne peut dépasser 12 ans à partir de la commission des faits .

La victime (ou son représentant) peut demander la réparation de son préjudice. Pour cela, elle doit se constituer partie civil au cours de la procédure et ce jusqu'à l'audience.

Elle peut demander réparation d'un ou plusieurs des préjudices suivants :

Si la victime se constitue partie civile, elle doit chiffrer ses demandes.

Sur place

Pour déposer plainte, la victime peut se rendre au  commissariat de police  ou à la  gendarmerie  de son choix.

Commissariat

Brigade de gendarmerie

Les services de police ou de gendarmerie  sont obligés d'enregistrer la plainte .

La plainte est transmise au procureur de la République pour qu'il décide de la suite (enquête, classement sans suite...).

Par courrier

La plainte est déposée auprès du procureur de la République.

Pour cela, il faut envoyer un courrier au  tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction .

Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité

Le courrier doit préciser les éléments suivants :

Le dépôt de plainte peut être fait sur papier libre en suivant un modèle :

Porter plainte auprès du procureur de la République

La plainte peut être envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR), par lettre simple ou par lettre suivie.

Il est possible de déposer la plainte directement à l'accueil du tribunal.

Dans tous les cas,  un récépissé est remis  dès que les services du procureur de la République ont enregistré la plainte.

Direction de l'information légale et administrative

03/10/2024

Questions / réponses

Que faire face à une association qui s'apparente à une secte ?

Où s'adresser

116 006 - Numéro d'aide aux victimes

Ce service permet aux victimes d'infractions (hors atteintes aux biens sur internet) d'être écoutées et orientées vers une association d’aide aux victimes ou un service spécialisé. Il est accessible aux personnes sourdes et malentendantes.

En France métropolitaine

116 006

Appel gratuit

Service joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h.

Hors métropole (ou depuis l'étranger)

+ 33 (0)1 80 52 33 76

Appel gratuit

Service joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h (heure de Paris).

Par mail

Par mail : victimes@116006.fr

A voir aussi :

Abus de confiance Démarchage à domicile : règles à respecter

Définitons

Délit : DélitActe interdit par la loi et puni d'une amende et/ou d'une peine d'emprisonnement inférieure à 10 ans

Capacité juridique : Capacité juridiqueAptitude d'une personne (physique ou morale) à avoir des droits et des obligations et à les exercer elle-même (exemples : droit de conclure un contrat, droit d'agir en justice)Code civil : article 1145

Bande organisée : Bande organiséeConstitue une bande organisée tout groupement formé ou toute entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'une ou plusieurs infractions

Nullité : NullitéAnnulation d'un acte ou d'une procédure

Majeur protégé : Majeur protégéPersonne placée par le juge sous un régime de tutelle, de curatelle, d’habilitation familiale ou de sauvegarde de justice du fait de son état physique ou mental (maladie, handicap, paralysie, troubles psychiatriques, etc.)

Prescription : PrescriptionExpiration d'un droit après un certain délai.

Tutelle : TutelleMesure prise par le juge pour protéger une personne qui n'est plus en état de veiller sur ses intérêts.

Assignation : AssignationActe du commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice) informant une personne qu'un procès est engagé contre elle et la convoquant devant une juridiction

Requête : RequêteÉcrit formalisé permettant de saisir un tribunal

Tuteur : TuteurPersonne désignée pour exercer une mesure de protection d'un majeur ou d'un mineur (par exemple : le représenter dans les actes de la vie courante, gérer ses biens)

Partie civile : Partie civilePersonne qui demande au juge chargé de la répression d'une infraction la réparation du préjudice que cette infraction lui a causée

Dommages et intérêts : Dommages et intérêtsSomme d'argent destinée à réparer le préjudice subi

Infraction : InfractionActe interdit par la loi et puni d'une sanction pénale. Il existe 3 types d'infractions classés en fonction de leur gravité : les contraventions, les délits et les crimes

Pour en savoir plus

Abus de faiblesse

Références

Code pénal : articles 223-15-2 à 223-15-5 Code de procédure pénale : article 8 Code de procédure pénale : article 9-1 Code de procédure pénale : article 15-3 Code civil : article 414-1 Code civil : article 464 Code civil : articles 901 à 911 Code civil : articles 1145 à 1152 Code civil : article 1178 Code civil : article 2224 Code de la consommation : articles L121-8 à L121-10 Code de la consommation : articles L132-14 à L132-15