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Droits des personnes expropriées

Vous êtes concerné par une procédure d’expropriation ? Voici les droits dont peuvent bénéficier les personnes expropriées, qu’elles soient propriétaires ou locataires d’un bien exproprié.

Propriétaire

Le propriétaire d’un bien faisant l’objet d’une expropriation conserve plusieurs droits qu’il peut exercer pendant (droit au relogement, droit à des indemnités, droit d’information et de recours, droit au maintien dans les lieux) ou après la procédure (droit de rétrocession et droit de priorité pour le rachat du bien).

Droit au relogement

Lorsqu’un propriétaire est exproprié de sa résidence principale , il bénéficie d’un droit au relogement. Ce droit a pour objectif d’éviter une perte de logement ou une précarité soudaine de la personne expropriée.

L’expropriant doit donc proposer un logement de remplacement avant de contraindre le propriétaire à quitter les lieux.

Ce logement doit être décent , c’est-à-dire qu’il respect les exigences de salubrité , de sécurité, de confort et de performance énergétique .

De même, il doit correspondre aux besoins du propriétaire exproprié. Le relogement doit notamment être :

L’expropriant doit adresser au moins 2 propositions de relogement au propriétaire exproprié, au moins 6 mois avant qu’il ne soit obligé de quitter les lieux. Il a alors un délai de 2 mois pour accepter ou refuser l’offre de relogement. Le silence vaut acceptation.

Attention

L’offre de relogement et son acceptation doivent intervenir avant la fixation des indemnités d’expropriation.

Les propriétaires expropriés dont les ressources ne dépassent pas les plafonds fixés pour l’attribution d’habitation à loyer modéré (HLM) sont prioritaires pour :

Les autres propriétaires, dont les revenus dépassent ces plafonds, disposent quant à eux d’un droit de préférence pour :

À savoir

Une opération déclarée d’intérêt public peut nécessiter le départ temporaire des occupants d’un logement (3 ans maximum) afin de permettre la réalisation de travaux d’aménagement. Dans ce cas, l’expropriant doit assurer leur relogement provisoire dans des conditions adaptées à leurs besoins et à leurs ressources.

Droit à des indemnités

Le propriétaire a le droit à des indemnités qui ont pour objet de couvrir l’intégralité du préjudice causé par la perte du bien exproprié. En effet, l’expropriation ne doit ni enrichir, ni appauvrir la personne concernée.

C’est pourquoi le propriétaire exproprié reçoit une indemnité principale qui correspond à la valeur vénale de son bien. Cette somme doit permettre de replacer l’exproprié dans une situation équivalente à celle qu’il occupait avant l’expropriation.

Des indemnités accessoires complémentaires peuvent s’ajouter à l’indemnité principale lorsque l’expropriation entraîne d’autres préjudices distincts. C’est le cas, par exemple, des indemnités suivantes :

Droit d’information et de recours

Le propriétaire exproprié bénéficie de garanties d’information et de recours , destinées à assurer la régularité et la transparence de la procédure d’expropriation.

Il est informé à chaque étape de la procédure d’expropriation , soit collectivement (par affichage en mairie ou publication dans la presse), soit individuellement par notification . Cette information lui permet de suivre le déroulement de la procédure. De même, cette obligation d’information garantit le caractère contradictoire de la procédure, en offrant au propriétaire la possibilité de consulter le dossier et de présenter ses observations ou remarques.

Le propriétaire dispose également d’un droit de recours . Il peut contester la déclaration d’utilité publique, l’arrêté de cessibilité ou l’ordonnance d’expropriation s’il estime que la procédure est irrégulière ou que ses droits n’ont pas été respectés.

Droit au maintien dans les lieux

Le propriétaire exproprié conserve la jouissance du bien, c’est-à-dire le droit de se maintenir dans le logement , jusqu’au paiement ou la consignation des indemnités dues par l’ expropriant .

Droit de rétrocession

La rétrocession permet au propriétaire exproprié ou à ses ayants droit (héritiers) de récupérer le bien lorsque celui-ci n'a pas été utilisé pour le projet d’ utilité publique prévu.

Le droit de rétrocession concerne uniquement les biens expropriés (appartement, immeuble, maison, terrain etc). Il ne s’applique pas aux droits réels immobiliers .

Les conditions suivantes doivent toutes être remplies pour exercer le droit de rétrocession  :

À noter

La demande de rétrocession se fait par une demande écrite à l’ expropriant (mail, lettre etc).

L’expropriant et le propriétaire exproprié ou ses héritiers doivent ensuite s’accorder sur un prix de rachat du bien. En effet, la rétrocession ne consiste pas à restituer l’indemnité d’expropriation perçue, mais à fixer une nouvelle valeur de rachat du bien concerné.

En l’absence d’accord amiable, le prix sera fixé par le tribunal judiciaire . Il tiendra notamment compte des caractéristiques de la parcelle à rétrocéder (nature, surface etc) et des termes de comparaison les mieux appropriés.

Attention

Le tribunal doit être saisi dans un délai de 2 mois à compter de la réception de la notification de la décision de rejet par l’expropriant de la demande de rétrocession.

Le contrat de rachat doit être signé et le prix payé dans le mois de la fixation du prix soit à l’amiable, soit par décision de justice. Sinon, le droit de rétrocession ne pourra plus s’appliquer.

Droit de priorité pour racheter le bien exproprié

Si le bien exproprié n’est pas utilisé, dans un délai de 5 ans, pour le projet d’intérêt général ayant justifié son expropriation, l’ expropriant peut décider de le vendre.

Dans ce cas, il doit en informer l’ancien propriétaire ou ses héritiers par courrier recommandé avec avis de réception.

À partir de la réception de ce courrier, les anciens propriétaires ou leurs héritiers disposent d’un délai de 2 mois pour :

La vente du bien est ainsi proposée en priorité à l’ancien propriétaire ou à ses héritiers.

En cas de refus exprès (lorsque le propriétaire ou ses héritiers indiquent formellement ne pas vouloir racheter le bien) ou de refus tacite (lorsqu’ils ne répondent pas dans le délai de 2 mois), l’expropriant est alors libre de proposer la vente du bien à des tiers.

Locataire

Le locataire d’un bien exproprié (maison, appartement) dispose de plusieurs droits.

Droit au relogement

Le locataire d’un bien exproprié a le droit d’être relogé. Ce droit a pour objectif d’éviter une perte de logement ou une précarité soudaine de la personne expropriée.

L’ expropriant doit donc proposer un logement de remplacement avant de contraindre le locataire à quitter les lieux. Ce logement doit être décent , c’est-à-dire qu’il respect les exigences de salubrité , de sécurité, de confort et de performance énergétique .

De même, il doit correspondre aux besoins du locataire exproprié. Le relogement doit notamment être :

L’expropriant doit adresser au moins 2 propositions de relogement au locataire exproprié, au moins 6 mois avant qu’il ne soit tenu de quitter les lieux. Il a alors un délai de 2 mois pour accepter ou refuser l’offre de relogement. Le silence vaut acceptation.

L’expulsion du locataire est suspendue tant qu’une offre de relogement conforme n’a pas été faite.

À noter

Le droit au relogement ne s’applique pas aux squatters, aux occupants ayant fait l’objet d’un jugement d’ expulsion ou aux occupants qui ont pris possession des lieux après l’ordonnance d’expropriation.

Droit à la réintégration dans le logement

Lorsqu’un locataire doit quitter temporairement son logement en raison de travaux d’aménagement réalisés dans le cadre d’une opération d’intérêt public, il bénéficie d’un droit à la réintégration une fois les travaux achevés.

Le bail est simplement suspendu pendant la durée des travaux, sauf si un accord a été conclu pour reloger définitivement le locataire dans un logement équivalent. À la fin des travaux, le bail reprend son cours et le locataire retourne dans le logement.

À la fin des travaux, le propriétaire doit inviter le locataire à préciser, dans un délai d’1 mois, s’il souhaite ou non réintégrer son logement.

Droit au versement d’indemnités

Le locataire d’un logement exproprié peut recevoir plusieurs indemnités :

Direction de l'information légale et administrative

28/11/2025

Où s'adresser

Agence départementale pour l'information sur le logement (Adil)

Définitons

Résidence principale : Résidence principaleLogement occupé au moins 8 mois par an sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure

Salubrité (logement) : Salubrité (logement)Logement ne présentant aucun danger pour la santé (pas d’humidité excessive, de moisissures, de plomb, d’amiante, etc.) et la sécurité de ses occupants

Ménage : MénageEnsemble des occupants d'un même logement sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté (cohabitation, par exemple). Un ménage peut être composé d'une seule personne.

Valeur vénale (bien immobilier) : Valeur vénale (bien immobilier)Montant estimé du prix qui pourrait être obtenu pour un bien, en cas de vente dans les conditions normales de marché

Notification : NotificationFormalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne

Expropriant : ExpropriantPersonne publique (État, collectivité territoriale ou établissement public) qui met en œuvre une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique

Utilité publique : Utilité publiqueIntérêt supérieur de la collectivité par rapport aux intérêts privés

Droit réel immobilier : Droit réel immobilierDroit détenu par une personne sur une chose immobilière. Par exemple, un titre de propriété constitue un droit réel immobilier sur une construction et/ou un terrain.

Déclaration d’utilité publique : Déclaration d’utilité publiqueActe qui autorise légalement l’administration à acquérir ou à exproprier des biens privés pour réaliser un projet jugé nécessaire à la collectivité. Elle est prononcée à l’issue d’une enquête publique et elle marque le point de départ de la procédure d’expropriation.

Références

Code de l'urbanisme : articles L314-1 à L314-9 Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : artcile L423-1 à L423-5 Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : Articles L321-1 à L323-5 Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : articles L421-1 à L421-4 Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : articles R421-1 à R421-8 Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 6 Code de l’expropriation pour cause d’utilité publique : article R423-9