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Saisie d'un véhicule à moteur

Une personne vous doit de l'argent ? Dans ce cas, vous êtes le «créancier» et la personne qui vous doit de l'argent est le «débiteur» . En tant que créancier, vous pouvez forcer le débiteur à payer sa dette en chargeant un commissaire de justice de saisir son véhicule (voiture, moto, scooter, quad...). Si vous êtes le débiteur, vous n'êtes averti de la saisie qu'au moment où elle a lieu. Vous pouvez par la suite contester cette saisie, mais dans certains cas seulement. Nous vous expliquons.

Quelle personne peut faire l’objet d’une saisie de véhicule ?

Tout véhicule terrestre à moteur immatriculé (voiture, moto, scooter, quad, remorque...) peut être saisi.

Mais si le débiteur exerce personnellement son activité professionnelle avec le véhicule, la saisie n'est pas possible. C'est le cas, par exemple, s'il est chauffeur de taxi ou VRP.

Comment faire saisir un véhicule ?

Le créancier doit charger un commissaire de justice de faire la saisie du véhicule.

Pour cela, le créancier doit avoir un titre exécutoire représentant une créance impayée.

Le commissaire de justice peut saisir le véhicule :

Le commissaire de justice peut engager ces 2 saisies indépendamment l'une de l'autre. L'une après l'autre, ou en même temps.

Comment se déroule la saisie par déclaration d'un véhicule ?

Cette saisie se déroule en 2 étapes  :

1. Le commissaire de justice fait une déclaration à la préfecture. Cette déclaration vaut saisie du véhicule.

La déclaration doit obligatoirement indiquer les informations suivantes :

2. Le commissaire de justice doit signifier la saisie au débiteur dans les 8 jours qui suivent la déclaration, c'est-à-dire qu'il doit envoyer au débiteur un «acte de signification» et une copie de la déclaration.

L'acte de signification doit indiquer les informations suivantes :

À savoir

La déclaration expire au bout de 2 ans à partir de sa signification , sauf si elle est renouvelée entre-temps.

Peut-on utiliser un véhicule saisi par déclaration ?

Dans le cas d’une saisie par déclaration, le débiteur peut continuer à utiliser le véhicule saisi, mais il ne peut pas le vendre.

Pour pouvoir vendre le véhicule, le débiteur doit attendre que la saisie du véhicule soit levée.

En effet, le certificat d'immatriculation (anciennement «carte grise» ) ne peut être délivré à un nouveau propriétaire qu’en cas de mainlevée donnée par le créancier ou ordonnée par le juge de l'exécution.

La saisie du véhicule est levée après que le débiteur a payé sa dette au créancier.

Comment contester la saisie par déclaration d'un véhicule ?

Le débiteur peut contester la saisie par déclaration, notamment pour au moins un des motifs suivants :

Le débiteur doit présenter cette contestation par assignation devant le juge de l'exécution du tribunal dont dépend son domicile.

Le jour même où le juge rend sa décision, une copie de sa décision est envoyée par lettre simple au débiteur, au créancier et au commissaire de justice.

Le débiteur et le créancier sont également informés de la décision du juge par lettre recommandée avec accusé de réception.

Le débiteur ou le créancier peut faire appel de la décision du juge.

Comment se déroule la saisie par immobilisation d'un véhicule ?

Muni d'un titre exécutoire , le commissaire de justice peut saisir un véhicule en l'immobilisant , quel que soit le lieu où celui-ci se trouve.

Selon que le débiteur est ou non présent lors de la saisie, celle-ci se déroule différemment :

Débiteur présent

En général, le véhicule saisi est immobilisé à l'aide d'un sabot. Le numéro de téléphone du commissaire de justice doit être indiqué de manière très apparente sur le sabot.

Le véhicule peut aussi être déplacé et mis en dépôt.

L'immobilisation ne doit en aucun cas détériorer le véhicule.

À savoir

Le véhicule peut être immobilisé lors d'une saisie-vente , faite dans les locaux que le débiteur occupe, ou dans ceux de la personne qui détient le véhicule pour le compte du débiteur.

Le commissaire de justice rédige alors un procès-verbal d'immobilisation et le remet au débiteur .

Dans les 8 jours qui suivent l'immobilisation, le commissaire de justice doit notifier au débiteur un commandement de payer .

Débiteur absent

En général, le véhicule est immobilisé à l'aide d'un sabot. Le numéro de téléphone du commissaire de justice doit être indiqué de manière très apparente sur le sabot.

Le véhicule peut aussi être déplacé et mis en dépôt.

L'immobilisation ne doit en aucun cas détériorer le véhicule.

À savoir

Le véhicule peut être immobilisé lors d'une saisie-vente , faite dans les locaux que le débiteur occupe, ou dans ceux d'une personne qui détient le véhicule pour son compte.

Le commissaire de justice rédige alors un procès-verbal d'immobilisation .

Le jour même de la saisie, le commissaire de justice doit informer le débiteur de l'immobilisation, par lettre simple envoyée ou déposée à son adresse.

Dans les 8 jours qui suivent l'immobilisation, le commissaire de justice doit notifier au débiteur un commandement de payer .

Peut-on utiliser un véhicule saisie par immobilisation ?

Dans le cas d’une saisie par immobilisation, le débiteur ne peut plus utiliser le véhicule saisi.

La saisie du véhicule est levée après que le débiteur a payé sa dette au créancier.

Si le débiteur ne paie pas sa dette malgré le commandement de payer, il a 1 mois pour vendre le véhicule saisi . Ce délai court à partir de la saisie (date d'immobilisation du véhicule).

Le commissaire de justice informe le créancier des conditions de la vente, car la vente ne peut avoir lieu qu'avec l'accord du créancier .

Passé le délai d'un mois, le véhicule saisi peut être vendu aux enchères publiques.

Comment contester la saisie par immobilisation d'un véhicule ?

Le débiteur peut contester la saisie par immobilisation du véhicule, notamment pour au moins 1 des motifs suivants :

Le débiteur doit présenter cette contestation par assignation devant le juge de l'exécution du tribunal de son domicile ou du lieu d'immobilisation du véhicule.

Le jour-même où le juge rend sa décision, une copie de sa décision est envoyée par lettre simple au débiteur, au créancier , et au commissaire de justice.

Le débiteur et le créancier sont également informés de la décision du juge par lettre recommandée avec accusé de réception.

Le débiteur ou le créancier peut faire appel de la décision du juge.

Direction de l'information légale et administrative

17/08/2026

A voir aussi :

Saisir le juge de l'exécution (JEX) Commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire priseur) Saisie-vente d'un bien meuble corporel

Définitons

Créancier : CréancierPersonne à qui l'on doit de l'argent ou la fourniture d'une prestation

Titre exécutoire : Titre exécutoireÉcrit permettant au créancier d'obtenir le recouvrement forcé de sa créance

Créance : CréanceDroit permettant à une personne d'exiger quelque chose d'une autre personne, en général le paiement d'une somme d'argent. Terme souvent utilisé pour désigner la somme due.

Signification : SignificationActe par lequel une partie informe son adversaire d'un acte ou d'une décision de justice par l'intermédiaire d'un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire)

Débiteur : DébiteurPersonne tenue envers une autre d'exécuter une obligation (qui peut être le versement d'une somme d'argent)

Mainlevée : MainlevéeActe juridique par lequel il est mis fin à une situation créant un obstacle. Par exemple : mainlevée de saisies, mainlevée d'hypothèque.

Notification : NotificationFormalité pour tenir officiellement informée une personne du contenu d'un acte auquel elle ne fait pas partie

Commandement de payer : Commandement de payerActe généralement signifié par commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire) ordonnant à une personne d'exécuter ses obligations (par exemple, régler des loyers impayés).

Pour en savoir plus

La saisie des véhicules Article R223-4 du code des procédures civiles d'exécution Articles R221-30 à R221-32 du code des procédures civiles d'exécution

Références

Code des procédures civiles d'exécution : article L223-1 Code des procédures civiles d'exécution : articles R223-1 à R223-5 Code des procédures civiles d'exécution : article L223-2 Code des procédures civiles d'exécution : articles R223-6 à R223-13