Accueil particuliers / Famille - Scolarité / Adoption / Adoption d'une personne majeure

Adoption d'une personne majeure

Vous voulez adopter l'enfant majeur de votre compagne ou de votre compagnon pour concrétiser les liens affectifs qui vous unissent ? Vous pouvez adopter une personne majeure si vous remplissez certaines conditions. Ce majeur doit consentir à l'adoption . La procédure se déroule devant le tribunal judiciaire. Nous vous présentons les informations à connaître.

Quelle personne majeure peut être adoptée ?

Toute personne majeure peut être adoptée par un membre de sa famille ou non .

Il peut s'agir, par exemple, de l'enfant de son époux, de son partenaire de Pacs ou de son concubin. Il peut aussi s'agir d'un adulte étranger à la famille, avec lequel l'adoptant a développé un lien affectif.

Qui peut adopter une personne majeure ?

L'adoption peut être demandée par :

Quelles conditions doit remplir l'adoptant d'une personne majeure ?

Personne adoptant seule

L'adoptant doit avoir au moins 26 ans . Il doit avoir également 15 ans de plus que l'adopté.

Il peut vivre seul ou être en couple . S'il est marié ou lié par un Pacs, l'autre membre du couple devra donner son consentement .

S'il adopte l'enfant de son époux, partenaire de Pacs ou concubin, l'adoptant doit avoir 10 ans de plus que l'adopté , mais la condition d'âge n'est pas exigée dans ce cas.

À savoir

Le tribunal peut prononcer l'adoption lorsque la différence d'âge est inférieure à celle prévue par la loi s'il y a de justes motifs (liens affectifs profonds et anciens, l'adoptant n'ayant pas d'autres enfants par exemple).

Couple adoptant

Les adoptants doivent avoir l'un et l'autre au moins 26 ans ou justifier d'une vie commune d'au moins 1 an . Ils peuvent être mariés non séparés de corps , partenaires de Pacs ou concubins.

Les adoptants doivent avoir 15 ans de plus que l'adopté. S'il y a de justes motifs, le tribunal peut prononcer l'adoption lorsque la différence d'âge est inférieure .

Quelle forme peut prendre l'adoption d'un majeur ?

L'adoption d'un majeur se fait par adoption simple . Le lien de filiation avec la famille d'origine n'est pas rompu et coexiste avec le nouveau lien créé avec la famille adoptive.

Parfois, l'adoption plénière est possible.

Savoir dans quel cas l'adoption plénière est possible

L'adoption plénière d'un majeur est toutefois possible jusqu'à ses 21 ans notamment dans l'un des cas suivants :

Qui doit consentir à l'adoption d'une personne majeure ?

L'adopté doit consentir à son adoption . Il doit y consentir personnellement , même s'il est sous curatelle ou tutelle.

Si l'adoptant vit en couple , son époux ou son partenaire de Pacs doit également donner son consentement à l'adoption.

En revanche, les parents biologiques du majeur à adopter n'ont pas à consentir à l'adoption.

L'adopté doit également consentir au changement de son nom de famille et à un changement de prénom en cas d' adoption plénière .

À savoir

Si l'adoptant a déjà un ou plusieurs enfants, il doit joindre à sa demande l'avis de ses enfants majeurs concernant le projet d'adoption. Si ses enfants sont mineurs, il doit préciser leur âge et le lien entretenu avec l'adopté. Il doit également attester sur l'honneur que l'adoption sollicitée n'est pas de nature à compromettre la vie familiale.

Comment le majeur peut-il consentir à l'adoption ?

L'adopté doit donner son consentement à l'adoption devant un notaire , qui établit un acte authentique .

Notaire

Si l'adopté est hors d'état de consentir à son adoption (tutelle, curatelle), le tribunal doit recueillir l'avis de la personne chargée de la mesure de protection.

Si l'adopté vit à l'étranger, l'adopté doit donner son consentement devant un agent diplomatique ou consulaire français.

Ambassade ou consulat étranger en France

Attention

Seules quelques ambassades ou consulats offrent un service de notariat.

L'adopté peut revenir sur son consentement à tout moment jusqu'à la décision d'adoption.

Quelle est la procédure pour adopter une personne majeure ?

Requête pour saisir le tribunal

La demande d'adoption est faite par requête sur papier libre ou à l'aide du formulaire cerfa au procureur de la République .

Requête en adoption simple d'un majeur par une personne à titre individuel Notice - Requête en adoption simple d'un majeur par une personne à titre individuel Requête en adoption simple de l'enfant majeur du conjoint, partenaire ou concubin Notice - Requête en adoption simple de l'enfant majeur du conjoint, partenaire ou concubin

La requête doit être déposée ou envoyée au  tribunal judiciaire du lieu de domicile de l'adoptant .

Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité

Connaître les documents à joindre

L'adoptant joint à sa demande les documents suivants :

Si l'adulte adopté est marié ou lié par un Pacs  :

Si l'adulte adopté a des enfants  :

Si l'adoptant est de nationalité étrangère, il doit joindre le certificat de coutume, relatif à la loi nationale du pays dont il est ressortissant, en matière d’adoption, délivré par le consulat ou par un avocat de ce pays.

Le tribunal peut toujours demander des pièces complémentaires, en fonction de la situation personnelle de l'adoptant ou de l'adopté .

L'adoptant (ou le couple adoptant) peut faire lui-même la demande, sans recourir à un avocat , si le majeur a été recueilli à son foyer avant ses 15 ans .

L'avocat est en revanche obligatoire si l'adopté a été recueilli après ses 15 ans . Si les ressources de l'adoptant sont insuffisantes, il peut demander à bénéficier de l' aide juridictionnelle .

Attention

Vous devez joindre à votre requête un timbre fiscal de 50 € , sauf si vous êtes bénéficiaire de l’aide juridictionnelle .

Audience

L'audience a lieu à «huis clos» , en « «chambre du conseil» », c'est-à-dire sans public.

À l’audience, le juge entend l'adoptant ou le couple adoptant . Il vérifie que les conditions de l’adoption sont remplies et que celle-ci est conforme à l’intérêt du majeur adopté.

Il examine les pièces et peut faire procéder à une enquête par toute personne qualifiée.

Le ministère public donne son avis à la demande d'adoption.

Même si les conditions légales sont remplies, le tribunal judiciaire n'est jamais obligé de prononcer une adoption . Il doit en apprécier l'opportunité au regard du seul intérêt de l'adopté majeur et il s’assure qu’elle ne compromet pas la vie familiale (notamment si l'adoptant a déjà des enfants). Le jugement est rendu en audience publique.

Une fois la décision rendue, l'adoptant reçoit une copie transmise par le greffe du tribunal judiciaire.

Si l'adoption est refusée , l'adoptant peut contester la décision devant la cour d'appel dans un délai de 15 jours .

Cour d'appel

À savoir

Le décès de l'adoptant survenu après le dépôt de la requête ne dessaisit pas le tribunal, l’adoption peut être prononcée, si elle est conforme à l'intérêt de l'adopté.

Quelles sont les effets de l'adoption d'une personne majeure ?

L'adoption créé un lien de filiation qui donne à l'adopté des droits et des obligations dans sa nouvelle famille. En cas d'adoption simple, l'adopté conserve des liens juridiques avec sa famille d'origine .

État civil

La décision prononçant l'adoption simple est mentionnée en marge de l'acte de naissance de l'adopté . Cette inscription intervient à la requête du procureur de la République, dans les 15 jours de la date à laquelle la décision est passée en force de chose jugée.

Lorsque l'adopté est né à l'étranger , la décision est transcrite sur les registres du service central d'état civil du ministère des affaires étrangères.

L'adoption est également mentionnée sur le livret de famille.

Obligation alimentaire

L'adoptant a une obligation alimentaire à l'égard de l'adopté et réciproquement.

Nom

Le nom de l'adoptant s'ajoute ou remplace celui de l'adopté s'il y consent. Sinon, l'adopté conserve son nom d'origine.

Nationalité

L'adoption simple ne permet pas à l'adopté d'acquérir automatiquement la nationalité française . L'adopté qui a fait l'objet d'une adoption simple par un Français doit faire une demande de naturalisation .

Mariage et Pacs

Le mariage est interdit entre l'adoptant, l'adopté et ses enfants.

Il est également interdit de se marier avec d'autres membres de la famille adoptive et la famille biologique.

Succession

En cas d'adoption simple, l'adopté hérite des 2 familles (parents biologiques et parents adoptifs). Il n'est pas héritier réservataire à l'égard de ses grands-parents adoptifs (ceux-ci peuvent le déshériter).

Si l'adopté meurt sans avoir eu d'enfants, les biens dont il a hérité ou qu'il a reçu sont l’objet d’un droit de retour , (c'est-à-dire qu'il retournent dans le patrimoine de l'adoptant), s'ils existent encore.

Le reliquat des biens de l’adopté se répartit par moitié entre sa famille d’origine et celle de l’adoptant, tout en préservant les droits du conjoint survivant si l'adopté était marié.

Révocation

L'adoption simple du majeur peut être révoquée par un juge , pour des motifs graves (violences par exemple) à la demande de l'adoptant ou de l'adopté.

La révocation fait cesser pour l'avenir tous les effets de l'adoption, à l'exception de la modification des prénoms.

À noter

L'adoption plénière est irrévocable.

Direction de l'information légale et administrative

01/03/2026

Questions / réponses

Adoption simple et adoption plénière : quelles différences ? Un européen peut-il adopter en France ?

Préparer votre démarche à l'aide de formulaires

Requête en adoption simple de l'enfant majeur du conjoint, partenaire ou concubin Notice - Requête en adoption simple de l'enfant majeur du conjoint, partenaire ou concubin Requête en adoption simple d'un majeur par une personne à titre individuel Notice - Requête en adoption simple d'un majeur par une personne à titre individuel Acheter un timbre fiscal électronique pour engager une procédure judiciaire civile

A voir aussi :

Adoption

Définitons

Filiation : FiliationLien juridique entre un enfant et son père et/ou sa mère

Autorité parentale : Autorité parentaleEnsemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. Elle appartient aux parents ou à une tierce personne sur décision du juge, jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant. Elle sert à protéger l'enfant dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne.

Acte authentique : Acte authentiqueDocument établi par un officier public compétent, tels qu'un notaire, un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire), un officier d'état civil, rédigé selon les formalités exigées par la loi et dont le contenu peut avoir la même valeur qu'une décision judiciaire

Aide juridictionnelle : Aide juridictionnelleAide financière qui permet aux personnes sans ressources ou ayant des revenus modestes d’obtenir la prise en charge de tout ou partie des frais d’un procès

Parquet (ou ministère public) : Parquet (ou ministère public)Corps de magistrats représentant les intérêts de la société devant les juridictions

Procureur de la République : Procureur de la RépubliqueMagistrat à la tête du parquet (ou ministère public). Il est destinataire des plaintes et signalements. Il dirige les enquêtes, décide des poursuites et veille à l'application de la loi.

Jugement passé en force de chose jugée : Jugement passé en force de chose jugéeJugement qui n'est plus susceptible de recours, soit parce que les recours ont été épuisés, soit que les délais sont expirés

Obligation alimentaire : Obligation alimentaireAide qui consiste à fournir à un membre de sa famille tout ce qui lui est indispensable pour vivre (nourriture, vêtements, logement, soins médicaux, etc.)

Héritier réservataire : Héritier réservataireEnfant, ou en l'absence d'enfant, l'époux, à qui la loi attribue une part d'héritage minimaleCode civil : articles 912 à 917

Patrimoine : PatrimoineEnsemble des biens (corporels et incorporels), droits et obligations d'une personne physique ou morale qui sont appréciables en argent (droits immobiliers, droits mobiliers, salaires, revenus, dettes, créances, etc.)

Références

Code civil : articles 343 à 343-1 Code civil : articles 344 à 345-2 Code civil : articles 346 à 347 Code civil : articles 348 à 350 Code civil : articles 370-1 à 370-1-2 Code civil : articles 371-1-3 à 370-1-5 Code civil : articles 370-1-6 à 370-1-8 Code de procédure civile : articles 1166 à 1176 Question écrite - Sénat - Suppression des attributions notariales des consulats Code général des impôts : article 1635bis Q