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Habilitation familiale

Un de vos proches (père, mère, frère, grand-parent..) n'est plus en mesure d'exprimer sa volonté et de prendre des décisions ? Vous pouvez demander une habilitation familiale. Elle permet à un ou plusieurs membres de la famille d’assister ou de représenter cette personne. Nous vous présentons les informations à connaître.

Qu’est-ce qu’une habilitation familiale ?

L’habilitation familiale est destinée à protéger un majeur qui n’est plus en capacité de protéger ses intérêts , du fait d’une maladie, d’un handicap, de troubles psychiatriques, d’une dépendance liée à l’âge, etc.

L’habilitation familiale est une mesure qui permet de le représenter ou de l’assister dans les cas suivants :

Cette mesure permet à un membre de la famille qui entretient des liens étroits et stables avec le majeur de saisir le juge pour être autorisé à agir en son nom.

C’est une mesure de protection comme la sauvegarde de justice , la curatelle ou à la tutelle , Elle peut être mise en place lorsque les membres de la famille sont d’accord sur la mesure et sur la personne à désigner, ou tout au moins ne s’y opposent pas.

Elle peut être ordonnée uniquement en cas de nécessité lorsqu’il n’existe pas d’autre solution pour protéger un proche. C’est le cas lorsque les représentations habituelles (procuration, mandat de protection future , régime matrimonial...) ne permettent pas suffisamment de protéger les intérêts de la personne.

Elle peut être  générale  ou  limitée à un ou plusieurs actes (vente du logement, donation au nom du majeur protégé...).

La demande peut être introduite et mise en place dans l’année qui précède la majorité de la personne à protéger, mais elle ne prendra effet qu’à ses 18 ans.

Quelles sont les personnes qui peuvent être habilitées ?

Une ou plusieurs personnes, parmi les proches suivants, peuvent demander à être habilitées :

À savoir

Un neveu, une nièce, un beau-frère, une belle-sœur, un gendre, une belle-fille ne peut pas être habilité.

Qui peut demander une habilitation familiale ?

Une demande d’habilitation familiale peut être faite par les personnes suivantes :

À savoir

Une ou plusieurs personnes peuvent demander à être habilitées.

Comment l’habilitation familiale est-elle mise en place ?

Le juge des tutelles doit être saisi par une requête . Elle doit être accompagnée d’un certificat médical rédigé par un médecin inscrit sur une liste établie par le procureur de la République. Le juge procède à des auditions et des mesures d’instruction (exemple : enquête sociale...). Il prend ensuite un jugement.

À savoir

L’avocat n’est pas obligatoire dans cette procédure.

Si vous prenez un avocat et que vous avez de faibles ressources, vous pouvez demander à bénéficier l’aide juridictionnelle . Dans ce cas, l’État prend en charge tout ou partie de vos frais de justice.

Vous pouvez également demander la désignation d’un avocat commis d’office .

Obtenir le certificat médical

Il faut au préalable faire constater l’état des facultés de la personne à protéger par un médecin agréé par le procureur de la République .

Le certificat médical circonstancié du médecin agréé est obligatoire sinon la demande est irrecevable.

À savoir

Le coût du certificat médical est de 192 € .

La liste des médecins compétents peut être obtenue auprès du greffe du tribunal de la résidence de la personne à protéger .

Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité

À savoir

Certains tribunaux diffusent la liste des médecins habilités sur leur site internet.

Préparer et déposer la requête

Le juge des tutelles est saisi par une requête . Elle doit comprendre l’identité de la personne à protéger et de ses proches ainsi que l’objet de la demande et le nom de son médecin traitant s’il est connu.

Le formulaire suivant peut être utilisé :

Requête en vue d'une protection juridique d'un majeur (habilitation familiale ou protection judiciaire)

La requête doit être accompagnée des documents suivants :

Des documents supplémentaires peuvent être demandés afin de renseigner le juge sur la santé de la personne à protéger, sa situation familiale (mariage, enfant...), ou sur un acte urgent (par exemple en cas de vente d’un bien immobilier). Ces documents peuvent être les suivants :

Le dossier doit être transmis au juge des tutelles auprès du tribunal judiciaire ou du tribunal de proximité de la résidence de la personne à protéger .

Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité

Être auditionné par le juge

Le juge entend les personnes suivantes :

L’audition par le juge des tutelles a lieu dans un des lieux suivants :

Elle se déroule en chambre du conseil, c’est-à-dire sans public. Toutefois, la personne à protéger peut se faire accompagner de la personne de son choix avec l’accord du juge .

Le juge peut entendre la personne à protéger en présence du médecin traitant ou de toute autre personne si cela lui paraît nécessaire.

Pour son audition, la personne à protéger a droit à l’assistance d’un avocat. Elle peut choisir son avocat ou demander la désignation d’un avocat commis d’office . Dans ce cas, la désignation de l’avocat commis d’office doit intervenir dans les 8 jours de la demande.

Un procès-verbal d’audition est dressé et classé dans le dossier.

À noter

En plus des auditions, le juge peut décider d’une  mesure d’instruction  soit à son initiative, soit à la demande des parties comme une enquête sociale  ou des  constatations par toute personne de son choix (par exemple un acte de commissaire de justice ).

Le juge s'assure de l’accord des proches ou, au moins qu’ils ne sont pas opposés à cette mesure. Il étudie la situation au vu des pièces et informations du dossier sans pouvoir procéder à des investigations pour rechercher des membres de la famille.

Accès au dossier

Le dossier peut être consulté au greffe par le demandeur et la personne à protéger (ou leurs avocats).

Si la demande émane du majeur à protéger, le juge peut décider d’exclure des pièces si elles peuvent nuire à son état psychique (certificat médical, courrier...).

Il peut aussi être consulté par les proches et leurs avocats. Dans ce cas, la consultation est possible sur autorisation du juge et en justifiant d'un intérêt légitime (un frère ou une soeur qui n’aurait pas été consulté par exemple).

Il n’y a pas de recours en cas de refus de consultation.

L’avocat de la personne à protéger peut demander copie de tout ou partie de la procédure. Il ne peut pas communiquer ces pièces à la personne à protéger, ni à un tiers.

À savoir

À compter de la décision, une copie d’une ou plusieurs pièces du dossier peut être délivrée à la personne protégée ou à la personne habilitée sur autorisation du juge. Il faut justifier d'un intérêt légitime. Il n’y a pas de recours en cas de refus.

Prendre connaissance de la décision du juge

Le juge doit prendre sa décision dans un délai maximum de 1 an à compter de sa saisine .

Une audience en chambre du conseil est prévue à laquelle les personnes suivantes sont convoquées :

Le juge peut décider de prononcer sa décision le jour de la convocation à cette même audience ou à une date ultérieure.

Le juge peut décider de rendre une des décisions suivantes :

La décision est notifiée aux personnes suivantes :

Comment contester la décision ?

L'appel se fait par déclaration faite ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception au greffe du tribunal qui a pris la décision.

L’avocat n’est pas obligatoire.

Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité

Il doit être formé dans les 15 jours qui suivent sa notification .

Le point de départ du délai d’appel varie selon les situations suivantes :

Attention

Seul le demandeur peut faire appel d’une décision refusant la mise en place de l’habilitation familiale.

La décision s’applique immédiatement , même en cas d’appel.

Quels sont les effets d’une habilitation familiale ?

L’habilitation familiale produit des effets à l’égard de la personne protégée et des tiers.

L’habilitation familiale permet à la personne habilitée d’agir pour la personne protégée.

Pour la personne habilitée

La mission de la personne habilitée va dépendre de l’étendue de l’habilitation qui peut être générale ou limitée à certains actes . Elle peut avoir pour objet de représenter ou d’assister la personne protégée. Elle peut porter sur le patrimoine (biens, argent...) et sur la personne (santé...).

Habilitation familiale générale

L'habilitation générale permet à la personne habilitée de représenter ou d’assister la personne protégée.

Le choix entre missions de représentation ou d’assistance dépend notamment des intérêts patrimoniaux (biens immobiliers, argent placé, revenus...) et à la personne (santé, lieu de vie...) à protéger.

Si le juge confie à la personne habilitée une mission de représentation , elle prend seule et à la place de la personne protégée, sans autorisation du juge, les décisions qui portent sur son patrimoine et sa personne.

La personne habilitée peut faire des actes conservatoires , des actes d’administration et des actes de disposition . Par exemple, la personne habilitée peut, sauf décision contraire du juge, agir seule sur les comptes et livrets bancaires du majeur protégé. Elle peut clôturer des comptes ouverts avant le prononcé de la décision ou ouvrir des comptes auprès d’une nouvelle banque.

Toutefois, l’autorisation du juge est nécessaire notamment pour les actes suivants :

Si le juge confie à la personne habilitée une mission d’assistance , celle-ci doit accompagner le majeur protégé dans l’accomplissement des actes dans les mêmes conditions que la curatelle .

Elle doit informer le majeur protégé sur l’utilité, l’urgence, les effets, et les conséquences de ses actes.

La personne protégée a besoin d’être assistée et contrôlée dans les actes de la vie civile, mais elle peut encore agir seule ou avec l’aide de la personne habilitée.

L’assistance peut porter sur des actes concernant la personne ou les biens (divorce, logement, santé...). La mission d’assistance dépend du degré d’autonomie du majeur protégé.

Habilitation familiale spéciale

L’habilitation familiale spéciale permet d’assister ou de représenter la personne protégée pour un ou plusieurs actes relatifs aux biens ou à la personne du majeur protégé. Le juge va définir les actes qui entrent dans la mission de la personne habilitée.

La mission peut porter sur les actes suivants :

À noter

La personne protégée peut continuer à accomplir les actes qui ne sont pas confiés à la personne habilitée.

Pour le majeur protégé

Dans le cadre d’une habilitation familiale générale, le majeur protégé conserve certains droits (notamment pour les actes qui nécessitent son consentement personnel) . Certains actes nécessitent l’autorisation du juge, d’autres lui sont interdits.

Lorsqu’une habilitation familiale spéciale est accordée pour un ou plusieurs actes, le majeur protégé conserve l’exercice des droits qui n’ont pas été prévus dans le cadre de la décision.

L’autorisation du juge doit être demandée notamment pour les décisions suivantes :

La personne protégée peut prendre seule notamment les décisions suivantes :

À noter

La personne protégée doit informer la personne habilitée de son projet de mariage. Si un contrat de mariage a été établi, la personne habilitée doit assister le majeur protégé pour sa signature. Elle doit aussi l’assister pour la signature d’une convention de Pacs.

La personne protégée ne peut pas accomplir notamment les actes suivants :

Pour les tiers

Les tiers peuvent être informés de la mise en place d’une habilitation familiale générale en demandant l'acte de naissance de la personne protégée. Une mention est apposée sur cet acte. Des copies des extraits conservés au répertoire civil peuvent être délivrées à tout intéressé.

À noter

En cas d’habilitation limitée à un ou plusieurs actes, les tiers ne sont pas informés. Il n’y a pas de mention en marge de l’acte de naissance de la personne protégé.

Quelle est la durée de l’habilitation familiale ?

L’habilitation familiale générale est limitée dans le temps. Elle peut être renouvelée.

L'habilitation spéciale , pour un ou plusieurs actes, n’est encadrée par aucun délai. Elle dure le temps nécessaire à l’accomplissement du ou des actes. Elle prend fin lorsque le ou les actes ont été réalisés.

Initiale

Le juge fixe la durée de l’habilitation familiale générale. La durée de la mesure ne peut pas excéder une durée maximum de 10 ans .

Renouvellement

Le renouvellement peut être décidé pour une période de même durée que la durée initiale.

La mesure peut être renouvelée à plusieurs reprises. Si l’état de santé de la personne protégée ne peut pas s’améliorer, le juge peut, par décision motivée et après avis du médecin agréé , renouveler la mesure pour une période de maximum 20 ans .

La demande peut être faite par les personnes suivantes :

À savoir

L'assistance d'un avocat est facultative.

La demande de renouvellement peut être faite au moyen du formulaire suivant :

Requête au juge des tutelles - Nouvel examen d'une mesure de protection judiciaire d'un majeur

Elle doit être accompagnée d’une copie de la décision ayant désigné la personne habilitée.

Elle est adressée au juge des tutelles du tribunal judiciaire ou du tribunal de proximité en charge du dossier du majeur protégé.

Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité

À savoir

L’avis de la personne habilité doit être recueilli par le juge.

Quand prend fin la mesure d’habilitation familiale ?

L’habilitation familiale générale prend fin dans les cas suivants :

L’habilitation familiale spéciale prend fin lorsque le ou les actes ont été réalisés.

À savoir

La fin de l’habilitation familiale générale est mentionnée en marge de l’acte de naissance de la personne protégée.

Direction de l'information légale et administrative

19/06/2026

Questions / réponses

Tutelle, curatelle, habilitation familiale, sauvegarde de justice : comment obtenir le certificat médical ?

Préparer votre démarche à l'aide de formulaires

Requête en vue d'une protection juridique d'un majeur (habilitation familiale ou protection judiciaire) Requête au juge des tutelles - Nouvel examen d'une mesure de protection judiciaire d'un majeur Modèle d'acceptation des membres de la famille acceptant l'habilitation ou la nomination du tuteur ou curateur

A voir aussi :

Protection juridique (tutelle, curatelle...)

Définitons

Ascendant : AscendantPersonne dont on est issu (parent, grand-parent, arrière-grand-parent...)

Descendant : DescendantEnfant, petit-enfant, arrière petit-enfant

Procureur de la République : Procureur de la RépubliqueMagistrat à la tête du parquet (ou ministère public). Il est destinataire des plaintes et signalements. Il dirige les enquêtes, décide des poursuites et veille à l'application de la loi.

Requête : RequêteÉcrit formalisé permettant de saisir un tribunal

Parties (au procès) : Parties (au procès)Personne qui est engagée dans un procès civil soit en tant que demandeur, soit en tant que défendeur

Acte d'huissier (à présent appelé commissaire de justice) : Acte d'huissier (à présent appelé commissaire de justice)Document rédigé par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire). L'acte de commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice) peut notamment servir à constater un fait, accomplir une formalité de procédure ou engager une voie d'exécution (saisie, expulsion, ...). Exemples d'acte de commissaire de justice : constat, notification ...

Saisine : SaisineFormalité faite par une personne pour demander à un tribunal de trancher un différend, un litige, ou d'exercer un droit. La formalité peut se faire de différentes façons : citation, assignation, requête simple ou conjointe, déclaration au greffe.

Audience en chambre du Conseil : Audience en chambre du ConseilAudience qui se tient dans le bureau du juge ou dans une petite salle du tribunal. Le public n'est pas autorisé. Seuls les parties ou leurs représentants, les avocats et dans les affaires nécessitant la présence du Parquet sont admis à ces audiences.

Notification : NotificationFormalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne

Décision motivée (justice) : Décision motivée (justice)Obligation pour le juge d'expliquer les raisons pour lesquelles il a pris cette décision

Acte conservatoire : Acte conservatoireActe effectué par nécessité ou par urgence afin de sauvegarder un droit (par exemple, renouvellement d'une inscription hypothécaire) ou empêcher la perte d'un bien (par exemple, réparation d'un bâtiment dégradé)Code civil : articles 782 à 786

Acte d'administration : Acte d'administrationActe de gestion courante. Par exemple : conclusion d'un bail d'habitation ou ouverture d'un compte de dépôt. Il s'oppose aux actes de vente, de cession gratuite, de perte ou de destruction.

Acte de disposition : Acte de dispositionActe qui engage le patrimoine d'une personne, pour le présent ou l'avenir (exemples : vente d'un immeuble, conclusion d'un emprunt, donation). Il entraîne une transmission de droits qui peut diminuer la valeur du patrimoine.

À titre gratuit : À titre gratuitQui accorde un avantage sans attendre ni recevoir de contrepartie

Nullité : NullitéAnnulation d'un acte ou d'une procédure

Acquiescement : AcquiescementActe par lequel une partie au procès déclare accepter la décision et renoncer à tout recours

Préjudice : PréjudiceAtteinte subie par une personne envers ses biens (exemple : somme d'argent), son corps, son état psychologique ou son honneur

Caution : CautionEngagement à rembourser une dette (loyer, échéance de prêt...) à la place du débiteur si celui-ci ne la paie pas

Meubles meublants : Meubles meublantsObjets destinés à l'usage et à l'ornement des appartements, comme les tapisseries, lits, sièges, glaces, pendules, tables, porcelaines et autres objets de cette nature. Les tableaux et les statues en font partie, sauf les collections de tableaux qui peuvent être dans les galeries ou pièces particulières.

Autorité parentale : Autorité parentaleEnsemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. Elle appartient aux parents ou à une tierce personne sur décision du juge, jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant. Elle sert à protéger l'enfant dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne.

Répertoire civil : Répertoire civilRegistre qui permet d’assurer la publicité de certaines décisions judiciaires, en particulier celles concernant les tutelles et curatelles des majeurs. Il est tenu par les greffes des tribunaux judiciaires. Une mention RC est appliquée en marge de l’acte de naissance de la personne concernée.

Abréviations

Ehpad :

Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes

Références

Code civil : articles 494-1 à 494-12 Code de procédure civile : articles 1217 à 1219-1 Code de procédure civile : articles 1220 à 1221-2 Code de procédure civile : articles 1222 à 1224 Code de procédure civile : article 1225 Code de procédure civile : articles 1226 à 1229 Code de procédure civile : articles 1230 à 1231 Code de procédure civile : article 1233 Code de procédure civile : articles 1239 à 1247 Code de procédure pénale : article R217-1