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Contrôle d'un salarié en arrêt de travail : quelles sont les règles ?

Pendant un arrêt maladie, le salarié doit respecter les obligations (appelées «prescriptions» ) qui sont fixées par son médecin. Une visite de contrôle peut être effectuée à son domicile soit à l'initiative de la Sécurité sociale , soit à la demande de son employeur . En cas d'arrêt maladie non justifié ou de non-respect de ses obligations, le salarié risque la suspension du versement des indemnités journalières (IJ) et des indemnités complémentaires. Voici les informations à retenir.

Par la Sécurité sociale

Dans quels cas un contrôle peut-il être effectué par l’organisme de Sécurité sociale ?

Si le salarié perçoit des indemnités journalières , son organisme de Sécurité sociale (la CPAM ou la MSA ) peut effectuer un contrôle.

Il peut s'agir :

À savoir

Le salarié ne reçoit pas de convocation à l'avance, le contrôle s'effectue de façon inattendue.

Comment se déroule le contrôle effectué par l’organisme de Sécurité sociale ?

Le contrôle peut se dérouler sur place (au domicile du salarié) ou être effectué sur dossier. Dans ce dernier cas, la CPAM ou MSA demande au salarié de lui communiquer des documents complémentaires.

Quelles sont les conséquences en cas d’irrégularité observée lors du contrôle effectué par l’organisme de Sécurité sociale ?

Contrôle administratif

Le contrôle administratif est effectué par un agent mandaté par l’organisme d’Assurance maladie.

Il vise notamment à vérifier la présence du salarié à son domicile pendant les périodes où il doit y rester.

Si le contrôle ne peut pas avoir lieu parce que le salarié est absent de son domicile, le versement des indemnités journalières peut être suspendu.

Des pénalités financières peuvent également être prononcées en cas de fausse déclaration ou de fraude.

Le salarié est informé par écrit :

Le salarié doit être en mesure de justifier son absence (par exemple, en cas de rendez-vous médical).

Contrôle médical

Le contrôle médical est effectué par le médecin-conseil de l'organisme de Sécurité sociale.

S'il juge l’arrêt de travail injustifié, le salarié en est informé immédiatement. Le médecin-conseil avise également le médecin traitant du salarié.

La CPAM ou la MSA informe également le salarié, par courrier, des conséquences de sa décision, notamment de la date de reprise du travail et de la fin du versement des indemnités journalières.

L’assuré peut-il contester la décision de l’assurance maladie ?

Le salarié peut contester la décision de la CPAM ou de la MSA en saisissant la Commission de recours amiable (CRA) .

Il dispose d’un délai de 2 mois à compter de la notification de la décision pour effectuer ce recours.

Si le salarié n’est pas d'accord avec la décision de la CRA, il peut engager un recours contentieux devant le tribunal judiciaire (pôle social) de son domicile. Le recours contentieux doit être exercé dans un délai de 2 mois  :

Lorsque la situation du salarié relève de la commission médicale de recours amiable (CMRA), le délai court :

Quelles conséquences en cas de fraude dans le cas d’un arrêt maladie ?

Si le salarié a perçu des indemnités auxquelles il n'avait pas ou plus droit (notamment en cas de fraude), ces organismes peuvent lui demander par écrit le remboursement des sommes perçues indûment (à tort).

Une copie de ce courrier est adressée à son employeur.

L’employeur peut aussi mettre fin au versement des indemnités complémentaires .

À savoir

L’organisme complémentaire (mutuelle ou organisme de prévoyance) peut également effectuer des vérifications dans les conditions prévues par le contrat. Ces vérifications peuvent notamment porter sur le respect des obligations du salarié pendant l’arrêt de travail.

Par l'employeur

Les règles de la contre-visite médicale demandée par l'employeur sont désormais les mêmes en métropole, y compris en Alsace-Moselle . Depuis le 27 juin 2026, l'employeur peut en effet faire procéder à une contre-visite médicale lorsqu'il maintient le salaire d'un salarié relevant du régime local d'Alsace-Moselle.

Cas général

Si l’employeur verse des indemnités complémentaires au salarié pendant l’arrêt maladie, il peut faire pratiquer une contre-visite médicale par le médecin de son choix . Ce médecin doit être indépendant et ne pas avoir de lien privé avec l’employeur pour garantir son impartialité.

Ce médecin se prononce sur le caractère justifié de l'arrêt de travail, y compris sa durée. La contre-visite permet aussi de vérifier que le salarié est présent à votre domicile ou lieu de repos pendant les heures d'interdiction de sortie .

C'est le médecin qui décide du lieu et du moment de la contre-visite . Elle peut avoir lieu :

La contre-visite ne peut pas avoir lieu :

Après la contre-visite, le médecin informe l’employeur du caractère justifié ou non de l’arrêt de travail.

Il doit aussi l'informer s'il n'a pas pu procéder au contrôle, notamment si le salarié a refusé de se rendre au rendez-vous à la suite de la convocation au cabinet ou s’il était absent lors de la visite à son domicile ou son lieu de repos.

L’employeur transmet sans délai ce rapport au salarié.

Dans l'hypothèse où la contre-visite n'a pas pu se tenir du fait de l’ absence du salarié ou de son refus du contrôle , l’employeur peut mettre fin au versement des indemnités complémentaires .

Toutefois, si l’absence du salarié est justifiée (par exemple, un rendez-vous médical), l’employeur ne peut pas suspendre le versement des indemnités complémentaires. Le salarié doit alors transmettre à l’employeur tout justificatif permettant d’expliquer son absence (attestation de rendez-vous médical, convocation, certificat,...).

C'est à l’employeur d'apporter la preuve que la contre-visite médicale n'a pu avoir lieu du fait de l’absence du salarié ou de son refus.

Si le médecin-contrôleur n'a pas pu procéder à la visite, il informe la CPAM ou la MSA , par écrit, dans les 48 heures. Il en est de même si le médecin décide que l’arrêt maladie n'est pas justifié.

L'organisme de Sécurité sociale peut alors :

Si le médecin-contrôleur estime que l'arrêt maladie n'est pas justifié et qu'il ordonne la reprise du travail, le salarié doit reprendre le travail à la date précisée dans ses conclusions.

Si le salarié refuse de reprendre le travail, le versement des indemnités complémentaires peut être interrompu.

Si le salarié souhaite contester les conclusions du médecin-contrôleur , il peut demander une autre contre-visite ou solliciter l'avis d'un expert judiciaire auprès du conseil des prud'hommes (CPH) .

Conseil de prud'hommes

En cas de suspension des indemnités complémentaires par son employeur, le salarié peut demander à sa caisse d’assurance maladie, dans un délai de 10 jours, que sa situation soit examinée par le service du contrôle médical (médecin-conseil).

Par ailleurs, si le salarié conteste les conclusions du médecin mandaté par son employeur, il peut demander une nouvelle contre-visite ou solliciter l’avis d’un expert judiciaire.

Alsace-Moselle

Si l’employeur doit maintenir le salaire pendant l’arrêt maladie du salarié, il peut faire procéder à une contre-visite médicale .

Cette contre-visite est effectuée par un médecin mandaté par l’employeur. Ce médecin doit être indépendant et se prononce sur le caractère justifié de l’arrêt de travail, y compris sur sa durée.

C’est le médecin mandaté par l’employeur qui décide du lieu et du moment de la contre-visite. Elle peut avoir lieu à tout moment pendant l’arrêt de travail.

La contre-visite peut se dérouler :

La contre-visite ne peut pas avoir lieu pendant les heures de sortie autorisées.

Si le salarié bénéficie de sorties libres, il doit communiquer à l’employeur les horaires pendant lesquels la contre-visite peut être effectuée. Le médecin peut alors effectuer la contre-visite pendant ces horaires.

À l’issue de la contre-visite, le médecin informe l’employeur du caractère justifié ou non de l’arrêt de travail.

Il informe également l’employeur lorsqu’il n’a pas pu effectuer le contrôle en raison du comportement du salarié, par exemple lorsque celui-ci était absent lors de la visite à son domicile ou ne s’est pas présenté à la convocation.

L’employeur doit transmettre sans délai cette information au salarié.

Si la contre-visite conclut que l’arrêt de travail n’est pas justifié, l’employeur peut interrompre le maintien du salaire.

Il peut également l’interrompre lorsque le contrôle n’a pas pu être effectué en raison du comportement du salarié.

La contre-visite demandée par l’employeur concerne le maintien du salaire par l’employeur . Elle est distincte du contrôle pouvant être effectué par la CPAM ou la MSA concernant le versement des indemnités journalières.

Le médecin mandaté par l'employeur informe celui-ci du résultat de la contre-visite. Les conséquences sur le versement des indemnités journalières relèvent des règles applicables au contrôle effectué par l'organisme de Sécurité sociale.

Si le salarié conteste les conclusions du médecin mandaté par votre employeur, il peut demander une nouvelle contre-visite ou, selon les circonstances, solliciter l’avis d’un expert judiciaire auprès du conseil de prud’hommes .

Il peut également contester les conséquences de la décision de son employeur concernant le maintien du salaire devant le conseil de prud’hommes.

Conseil de prud'hommes

Direction de l'information légale et administrative

17/08/2026

Questions / réponses

Un salarié en arrêt maladie peut-il sortir de son domicile ?

A voir aussi :

Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié Arrêt maladie : démarches à effectuer par le salarié Arrêt maladie : reprise du travail du salarié

Définitons

Alsace-Moselle : Alsace-MoselleDépartements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle

Abréviations

CPAM :

Caisse primaire d'assurance maladie

MSA :

Mutualité sociale agricole

Pour en savoir plus

Demande de contrôle médical d'un salarié

Références

Code de la sécurité sociale : articles L315-1 à L315-4 Code de la sécurité sociale : articles L323-1 à L323-7 Code de la sécurité sociale : articles R323-1 à R323-12 Code du travail : articles L1226-1 et L1226-1-1 Code du travail : article R. 1226-10 à R. 1226-12 Code du travail : article L1226-23