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L'aide juridictionnelle peut-elle être retirée ?

Oui, l'aide juridictionnelle peut vous être retirée si, finalement, vous ne remplissez pas les conditions qui ont permis qu'elle vous soit accordée. Le retrait peut être total ou partiel . Si la procédure se déroule en France, le retrait peut être décidé par le BAJ ou par la juridiction saisie de votre affaire.

Pour quels motifs l'aide juridictionnelle peut-elle être retirée ?

Lorsque vous êtes éligible à l'aide juridictionnelle , la décision qui vous accorde cette aide mentionne les cas dans lesquels elle peut vous être retirée.

Le retrait peut être décidé dans 5 hypothèses :

Comment se déroule la procédure de retrait de l'aide juridictionnelle ?

De manière générale, l'aide juridictionnelle peut être retirée à tout moment au cours de la procédure. Dans certains cas, le retrait peut avoir lieu après la fin de votre affaire.

La procédure pour retirer l'aide juridictionnelle dépend du motif pour lequel ce retrait est envisagé.

Fausses déclarations ou justificatifs inexacts

Dans ce cas, l'aide juridictionnelle peut vous être retirée au cours ou après la fin de l'affaire pour laquelle vous en bénéficiez.

Il peut être demandé par toute personne intéressée par votre affaire, notamment la partie adverse ou le procureur de la République . Il peut également intervenir sans qu'aucune demande n'ait été faite.

Le bureau d'aide juridictionnelle (BAJ) vous informe des motifs pour lesquels le retrait est envisagé.

Vous bénéficiez d'un délai d' un mois à compter de cette notification pour faire des observations écrites.

S'il constate que l'aide juridictionnelle vous a été accordée en raison d'informations ou de justificatifs inexacts, le BAJ en informe le ministère public et vous retire le bénéfice de cette aide, totalement ou en partie .

Cette décision vous est notifiée par le biais de tout dispositif permettant d'attester sa date de réception (exemple : par mail avec accusé de réception, par lettre RAR ).

Elle doit mentionner :

La décision de retrait est également notifiée à votre avocat et à tout auxiliaire de justice (exemple : notaire, commissaire de justice ) qui est intervenu dans votre affaire.

Attention

Si vous avez fourni des informations ou des justificatifs inexacts, vous encourez des sanctions pénales (exemple : une amende pouvant aller jusqu'à 45 000 € ).

Augmentation de vos revenus ou de votre patrimoine

Le retrait de l'aide juridictionnelle peut être demandé par toute personne intéressée par votre affaire, notamment la partie adverse ou le procureur de la République . Il peut également intervenir sans qu'aucune demande n'ait été faite.

Le bureau d'aide juridictionnelle vous informe des motifs pour lesquels le retrait est envisagé.

Vous bénéficiez d'un délai d' un mois à compter de cette notification pour faire des observations écrites.

À noter

Ce délai est de 2 mois si votre avocat commis d’office a été rétribué à l’aide juridictionnelle pour vous avoir assisté lors d’une audience ( comparution immédiate , audience devant la cour d’assises , etc.) alors que vous ne remplissez pas les conditions pour en bénéficier.

S'il constate que vos ressources sont supérieures aux plafonds d'admission de l'aide juridictionnelle , le BAJ décide du retrait de l'aide juridictionnelle. Ce retrait peut être total ou partiel en fonction de vos nouvelles ressources .

Cette décision vous est notifiée par le biais de tout dispositif permettant d'attester sa date de réception (exemple : par mail, par lettre RAR).

Elle doit mentionner :

Le BAJ informe également votre avocat et tout auxiliaire de justice (exemple : commissaire de justice ) qui est intervenu dans votre affaire.

Train de vie incompatible avec les ressources déclarées

Le retrait de l'aide juridictionnelle peut être demandé par toute personne intéressée par votre affaire, notamment la partie adverse ou le procureur de la République . Il peut également intervenir sans qu'aucune demande n'ait été faite.

Le bureau d'aide juridictionnelle vous informe des motifs pour lesquels le retrait est envisagé.

Vous bénéficiez d'un délai d' un mois à compter de cette notification pour faire des observations écrites. Vous devez donc être appelé à vous expliquer avant toute décision de retrait par le président du BAJ .

S'il constate que votre train de vie n'est pas compatible avec les ressources annuelles que vous avez déclarées Plafonds d'admission à l'aide juridictionnelle pour 2025 , le BAJ décide du retrait de l'aide juridictionnelle.

Ce retrait peut être total ou partiel en fonction de vos véritables ressources .

Cette décision vous est notifiée par le biais de tout dispositif permettant d'attester sa date de réception (exemple : par mail, par lettre RAR).

Elle doit mentionner :

Le BAJ informe également votre avocat et tout auxiliaire de justice (exemple : commissaire de justice ) qui est intervenu dans votre affaire.

Action en justice abusive ou irrecevable

Dans ce cas, l'aide juridictionnelle peut vous être retirée par la juridiction saisie de votre affaire.

Si cette juridiction estime que votre action en justice est dilatoire , abusive ou irrecevable , elle doit vous retirer totalement l'aide juridictionnelle .

Une fois cette décision prise, la juridiction en informe d'abord le bâtonnier et le bureau d'aide juridictionnelle.

La décision vous est ensuite notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par le biais de votre avocat.

Elle doit mentionner :

La juridiction informe également tout auxiliaire de justice (exemple : commissaire de justice ) qui est intervenu dans votre affaire.

Quelle est la conséquence du retrait de l'aide juridictionnelle ?

Le retrait de l'aide juridictionnelle peut être :

Le paiement et/ou le remboursement peuvent être demandés à tout moment à compter de la notification de la décision de retrait prise par le BAJ ou la juridiction saisie de votre affaire.

Si vous avez été assisté par un avocat commis d’office payé à l’aide juridictionnelle et si finalement vous ne remplissez pas les conditions pour bénéficier de cette aide, les sommes perçues doivent vous être demandées dans un délai de 5 ans suivant la mission effectuée par votre avocat.

À noter

En cas de représentation obligatoire , votre avocat doit continuer à vous assister tant qu'il n'a pas été remplacé par un nouvel avocat, et ce même si l'aide juridictionnelle vous est retirée.

Rémunération de l'avocat en cas de retrait de l'aide juridictionnelle

Les conditions de rémunération de l'avocat dépendent de l'autorité qui a rendu la décision de retrait de l'aide juridictionnelle.

Retrait par le BAJ

Retrait en cours de procédure

Si le bénéfice de l'aide juridictionnelle vous est retiré en cours de procédure, votre avocat n'est pas rémunéré par l'État.

Toutefois, en cas d'augmentation de vos ressources financières (revenus, patrimoine immobilier ou mobilier ), l'avocat peut vous demander le règlement d' honoraires .

À savoir

En principe, la rémunération due à l'avocat est fixée par une convention d'honoraires que vous avez signée au début de la procédure.

Retrait à la fin de la procédure

Par principe, si l'aide juridictionnelle vous est retirée à la fin de la procédure, l'avocat est rémunéré par l'État.

Vous devez rembourser cette somme au Trésor Public .

Retrait par une juridiction

En cas de retrait de l'aide juridictionnelle par la juridiction saisie de votre affaire, les honoraires de l'avocat sont versés par l'État.

Néanmoins, vous êtes obligé de rembourser cette somme au Trésor Public .

Comment contester la décision de retrait de l'aide juridictionnelle ?

Les décisions de retrait peuvent être contestées par une simple déclaration. Il n'existe pas de manière particulière de rédiger votre recours.

Néanmoins, vous devez obligatoirement indiquer les raisons pour lesquelles vous souhaitez exercer un recours.

Votre déclaration doit être accompagnée d'une copie de la décision que vous contestez.

À noter

Vous avez la possibilité de demander l'assistance d'un avocat. Ce professionnel vous aidera à comprendre les motifs du retrait et à formuler votre recours. Il pourra également le déposer à votre place.

Dans la mesure où vous ne bénéficierez plus de l'aide juridictionnelle, vous devrez régler les honoraires. Cependant, si l'aide juridictionnelle vous est finalement accordée, le second avocat sera rémunéré par l'État et pourra partager cette indemnité avec votre premier avocat.

Délais pour faire un recours

Les délais pour faire un recours dépendent de la juridiction devant laquelle se déroule votre affaire.

Cas général

Le délai pour introduire votre recours est de 15 jours à partir de :

Devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA)

Lorsque votre affaire se déroule devant la Cour nationale du droit d'asile , votre recours doit être transmis dans un délai de 8 jours à compter de :

Moyens de transmission du recours

Les moyens de transmission de votre recours dépendent de la juridiction devant laquelle se déroule votre affaire et de l'autorité qui a rendu la décision de retrait.

Cas général

Vous devez adresser votre recours à l'autorité qui a rendu la décision de retrait de l'aide juridictionnelle.

Décision du BAJ

Votre recours doit être remis en main propre au BAJ ou lui être adressé par lettre recommandée avec accusé de réception.

Après l'avoir reçu, le BAJ transmet votre recours à l'autorité compétente pour l'examiner.

À noter

Si votre avocat a lui-même déposé votre recours, le BAJ vous confirme que le dépôt a eu lieu.

Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité

Tribunal administratif

Cour d'appel

Bureau d'aide juridictionnelle de la Cour de cassation

Décision d'une juridiction

Votre recours doit être adressé au président de la juridiction qui a rendu la décision de retrait de l'aide juridictionnelle.

Vous pouvez le transmettre au greffe de cette juridiction en main propre ou par lettre recommandée avec accusé de réception.

Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité

Tribunal administratif

Cour d'appel

Cour de cassation

Devant la CNDA

Vous devez adresser votre recours à l'autorité qui a rendu la décision de retrait de l'aide juridictionnelle.

Décision du BAJ

Votre recours doit être adressé au BAJ de la Cour nationale du droit d'asile .

Il peut lui être remis :

Après l'avoir reçu, le BAJ transmet votre recours à l'autorité compétente pour l'examiner.

À noter

Si votre avocat a lui-même déposé votre recours, le BAJ vous confirme que le dépôt a eu lieu.

Cour nationale du droit d'asile (CNDA)

Décision de la CNDA

Votre recours doit être directement adressé au président de la Cour nationale du droit d'asile .

Vous pouvez le transmettre au greffe de cette juridiction :

Cour nationale du droit d'asile (CNDA)

Devant la cour administrative d'appel ou le Conseil d'État

Vous devez adresser votre recours à l'autorité qui a rendu la décision de retrait de l'aide juridictionnelle.

Décision du BAJ

Lorsque votre affaire se déroule devant une cour administrative d'appel ou devant le Conseil d'État , vous pouvez remettre votre recours au BAJ  :

Après l'avoir reçu, le BAJ transmet votre recours à l'autorité compétente pour l'examiner.

Attention

Votre avocat peut déposer le recours à votre place. Dans ce cas, il doit obligatoirement utiliser Télérecours.

Le BAJ vous confirme que le dépôt a eu lieu.

Cour administrative d'appel

BAJ du Conseil d'État

Décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'État

Lorsque le retrait a été décidé par une cour administrative d'appel , vous devez adresser votre recours au président de cette juridiction .

Si le retrait a été décidé par le Conseil d'État , votre recours doit être adressé au président de la section du contentieux du Conseil d'État .

Votre recours peut être remis au greffe de ces juridictions :

Attention

Votre avocat peut déposer le recours à votre place. Dans ce cas, il doit obligatoirement utiliser Télérecours.

Cour administrative d'appel

Conseil d'État

Examen du recours

Votre recours fait l'objet d'un examen permettant de déterminer si la décision de retrait est justifiée.

L'autorité compétente pour instruire votre recours dépend de la juridiction devant laquelle se déroule l'affaire pour laquelle vous avez fait une demande d'aide juridictionnelle.

Autorité compétente pour examiner le recours en fonction de la juridiction

Juridiction

Autorité chargée de l'examen du recours

Cas général

1 er président de la cour d'appel dont dépend le tribunal chargé de l'affaire ou de la cour d'appel chargée de l'affaire

Cour nationale du droit d'asile (CNDA)

Président de la Cour nationale du droit d'asile

Tribunal administratif

Président de la cour administrative d'appel dont dépend le tribunal

Cour administrative d'appel

Président de la cour administrative d'appel chargée de l'affaire

Conseil d'État

Président de la section du contentieux du Conseil d'État

Cour de cassation

1 er président de la Cour de cassation

Tribunal des conflits

Président du Tribunal des conflits

Une fois votre recours examiné, le président de juridiction peut confirmer, modifier ou annuler la décision de retrait de l'aide juridictionnelle .

La nouvelle décision vous est transmise par tout dispositif permettant d'attester sa date de réception (exemple : par mail avec accusé de réception).

Dans certains cas, elle peut vous être notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception.

Cette décision ne peut pas faire l'objet d'un nouveau recours.

À noter

Si votre recours est rejeté, le remboursement peut vous être demandé immédiatement à compter de la nouvelle décision.

Direction de l'information légale et administrative

01/01/2026

Questions / réponses

Un avocat peut-il exiger de l'argent si son client a obtenu l'aide juridictionnelle ?

Où s'adresser

Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité

Cour d'appel

Cour administrative d'appel

Cour de cassation

BAJ du Conseil d'État

Avocat

A voir aussi :

Aide juridictionnelle lors d’une procédure en France Aide juridictionnelle lors d’une procédure dans un État de l’Union européenne

Définitons

Aide juridictionnelle : Aide juridictionnelleAide financière qui permet aux personnes sans ressources ou ayant des revenus modestes d’obtenir la prise en charge de tout ou partie des frais d’un procès

Patrimoine immobilier : Patrimoine immobilierEnsemble des biens immobiliers d'une personne : terrains, maison, appartements, droits immobiliers (usufruit, nue propriété), ...

Patrimoine mobilier : Patrimoine mobilierEnsemble des biens d'une personne en dehors des biens immobiliers : meubles, voitures, bijoux, avoirs financiers...

Irrecevable : IrrecevableDemande qui ne peut pas être étudiée

Parties (au procès) : Parties (au procès)Personne qui est engagée dans un procès civil soit en tant que demandeur, soit en tant que défendeur

Procureur de la République : Procureur de la RépubliqueMagistrat à la tête du parquet (ou ministère public). Il est destinataire des plaintes et signalements. Il dirige les enquêtes, décide des poursuites et veille à l'application de la loi.

Parquet (ou ministère public) : Parquet (ou ministère public)Corps de magistrats représentant les intérêts de la société devant les juridictions

Procédure dilatoire : Procédure dilatoireProcédure ayant pour effet de retarder la fin d'un procès

Bâtonnier : BâtonnierAvocat élu par ses confrères dans chaque barreau pour les représenter et garantir la déontologie et la discipline de la profession. Il désigne les avocats commis d'office, règle les différends entre eux ou avec leurs clients.

Notification : NotificationFormalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne

Représentation obligatoire : Représentation obligatoireCas dans lequel une personne doit obligatoirement être assisté par un avocat au cours de la procédure (par exemple, l'avocat est obligatoire pour les procédures de divorce)

Honoraires : HonorairesRémunération des services rendus par les membres de certaines professions libérales (médecins, notaires, avocats, architectes, etc.)

Convention d'honoraires : Convention d'honorairesContrat signé entre l’avocat et son client fixant le détail de la rémunération de l’avocat et le montant de ses honoraires

Abréviations

BAJ :

Bureau d'aide juridictionnelle

RAR :

Recommandé avec avis de réception

Références

Loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : articles 50 à 52-1 Décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique Décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 : article 47-2 Loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : article 23