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Faire appel devant le Conseil d'État

Le Conseil d'État joue le rôle de juge d'appel à la place de la cour administrative d'appel pour certaines décisions prises par le tribunal administratif. Il s'agit des décisions qui concernent les élections municipales et départementales, la légalité ou l’interprétation d'un acte administratif et la sauvegarde d'une liberté fondamentale (référé-liberté). Nous vous présentons les informations à connaître.

Pour quelles décisions l'appel doit-il être fait devant le Conseil d’État ?

L'appel contre les décisions rendues par le tribunal administratif se fait en principe devant la cour administrative d'appel.

Mais, pour certaines décisions, l'appel doit être fait devant le Conseil d’État.

Il s'agit des décisions suivantes :

L'appel devant le Conseil d’État bloque-t-il l'exécution de la décision ?

Le recours en appel n'est pas suspensif .

La décision qui fait l'objet du recours doit donc s'appliquer, sauf exceptions prévues par la loi (par exemple, pour un référé d’urgence ).

Vous pouvez néanmoins demander au Conseil d’État de reporter l'exécution de la décision qui fait l'objet du recours, dans l'attente de son jugement .

Pour cela, vous devez présenter une requête distincte du recours en appel, accompagnée d'une copie de ce recours .

À savoir

Pour que le sursis à l’exécution du jugement soit accepté, vous devez présenter des moyens sérieux de nature à justifier votre demande.

Faut-il prendre un avocat pour faire appel devant le Conseil d’État ?

Il n’est pas obligatoire de prendre un avocat pour faire appel devant le Conseil d’État.

Mais, si vous le souhaitez, vous pouvez prendre un avocat.

Devant le Conseil d’État, seul un avocat aux Conseils, aussi appelé «avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation» , peut vous représenter.

Avocat au Conseil d'État ou à la Cour de cassation

Si vous prenez un avocat, vous devez payer ses honoraires .

En fonction de vos revenus et de la valeur de votre patrimoine, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle .

Comment déposer la requête en appel devant le Conseil d'État ?

Pour faire appel, vous devez envoyer une requête au Conseil d’État et la signer.

Elle doit comporter les éléments suivants  :

Vous devez joindre à votre requête les documents suivants  :

La manière de déposer la demande varie suivant que vous avez un avocat ou non :

Vous n’avez pas d’avocat

Vous pouvez faire la demande  en lignesur place  ou  par courrier  :

En ligne

Vous pouvez déposer votre requête via le téléservice «Télérecours» citoyens :

Télérecours citoyens (recours devant le juge administratif)

Sur place

La requête doit être déposée au greffe du Conseil d'État.

Conseil d'État

À noter

La requête doit être transmise en 2 exemplaires .

Par courrier

La requête doit être adressée par courrier de préférence avec RAR au greffe du Conseil d'État.

Conseil d'État

À noter

La requête doit être  accompagnée d’une copie .

Vous avez un avocat

Si vous êtes représenté par un avocat, il doit obligatoirement utiliser l'application Télérecours pour transmette votre requête.

La procédure d’appel devant le Conseil d’État est-elle payante ?

Non , vous ne devez pas payer pour faire appel devant le Conseil d’État.

Toutefois, si vous prenez un avocat, vous devez payer ses honoraires .

En fonction de vos revenus et de la valeur de votre patrimoine, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle .

Quels sont les délais pour faire appel devant le Conseil d'État ?

Le délai d'appel est indiqué dans la notification de la décision contestée.

Le délai varie en fonction de votre lieu de résidence et de la nature de la décision :

Vous résidez en métropole

Le délai varie selon la nature de votre appel :

Pour une élection

Vous avez 1 mois pour faire appel après la notification du jugement du tribunal administratif.

Pour la légalité ou l’interprétation d’un acte

Vous avez 2 mois pour faire appel après la notification du jugement du tribunal administratif.

Pour un référé-liberté

Vous avez 15 jours pour faire appel après la notification du jugement du tribunal administratif.

Vous résidez en outre-mer

Le délai varie selon la nature de votre appel :

Pour une élection

Vous avez 2 mois pour faire appel après la notification du jugement du tribunal administratif.

Pour la légalité ou l’interprétation d’un acte

Vous avez 3 mois pour faire appel après la notification du jugement du tribunal administratif.

Pour un référé-liberté

Vous avez 1 mois et 15 jours pour faire appel après la notification du jugement du tribunal administratif.

Vous résidez à l'étranger

Le délai varie selon la nature de votre appel :

Pour une élection

Vous avez 3 mois pour faire appel après la notification du jugement du tribunal administratif.

Pour la légalité ou l’interprétation d’un acte

Vous avez 4 mois pour faire appel après la notification du jugement du tribunal administratif.

Pour un référé-liberté

Vous avez 2 mois et 15 jours pour faire appel après la notification du jugement du tribunal administratif.

À savoir

Si le délai d'appel est inférieur à 2 mois, il doit être mentionné dans la notification du jugement . Sinon, le délai qui s'applique est de 2 mois.

Comment le Conseil d'État juge-t-il l'affaire en appel ?

Le Conseil d'État examine une nouvelle fois l'affaire jugée par le tribunal administratif. Il rassemble d'abord tous les éléments qui lui permettent de décider, puis il tient une audience pour juger l'affaire.

Instruction

L'instruction débute dès que le greffe a enregistré la requête .

Un rapporteur est désigné par le président de la chambre pour suivre l’instruction. Mais l'affaire est étudiée par plusieurs magistrats .

Le rapporteur fixe le délai accordé aux parties pour produire leurs mémoires .

Le rapporteur peut aussi demander aux parties de joindre tous documents utiles à la solution du litige.

L'instruction s'appuie sur des mémoires écrits présentant les arguments des 2 parties.

En complément de l’instruction écrite, une séance orale d'instruction peut être organisée.

La séance orale d'instruction permet d'avoir un débat contradictoire sur les éléments utiles pour trancher le litige.

Quand l'instruction est terminée, l'affaire est inscrite à une séance de jugement .

Le président de la formation de jugement fixe par ordonnance la date à partir de laquelle l’instruction est close.

Déroulement de l’audience

Le président de la formation de jugement ouvre l'audience et donne la parole au rapporteur , pour présenter l'affaire.

Le rapporteur rappelle le contenu de la requête et présente les arguments de chacune des parties .

Puis, la parole est donnée au rapporteur public qui prononce ses conclusions et propose la solution qui lui paraît la plus appropriée.

À la fin de l'audience, l'affaire est mise en délibéré .

À savoir

Si vous êtes représenté par un avocat, il peut présenter des observations orales après le prononcé des conclusions du rapporteur public. Mais, il ne peut pas développer de nouveaux arguments en dehors de ceux présentés avant l’audience.

Délibéré et jugement

Les juges débattent en dehors de la présence du rapporteur public et des parties .

Le jugement est notifié aux parties ou aux avocats, puis rendu public.

La décision des juges est envoyée par lettre recommandée dans un délai de quelques semaines (ou transmise à votre avocat).

Le jugement est motivé , c'est-à-dire qu'il indique les raisons qui fondent la décision des juges.

À noter

En matière de référé-liberté , le Conseil d’État rend sa décision dans les 48 heures.

Est-il possible de contester la décision en appel du Conseil d'État ?

Les voies et délais de recours sont indiqués dans la lettre de notification de la décision rendue en appel par le Conseil d’État. Cette décision ne peut plus faire l'objet d'un appel.

Mais elle peut être contestée par l'un des recours suivants  :

Direction de l'information légale et administrative

14/11/2025

Questions / réponses

Qu'est-ce qu'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) ? Peut-on faire opposition à une décision du juge administratif ? Peut-on demander la révision d'une décision du juge administratif ?

Où s'adresser

Maison de justice et du droit

Point-justice

A voir aussi :

Accès au droit et à la justice Litiges avec l'administration : recours administratif, défenseur des droits

Définitons

Recours juridictionnel suspensif : Recours juridictionnel suspensifRecours exercé devant un juge qui a pour effet d'empêcher l'application d'une mesure ou d'une décision, tant que celui-ci n'a pas décidé

Exécution : ExécutionProcessus par lequel un tribunal fait appliquer sa décision

Jugement : JugementDécision rendue par une juridiction

Requête : RequêteÉcrit formalisé permettant de saisir un tribunal

Sursis à exécution : Sursis à exécutionDécision du juge de suspendre l'exécution du jugement ou de l'arrêt contesté

Moyens : MoyensArguments juridiques par lesquels une partie conteste (ou défend) la légalité de la décision attaquée

Honoraires : HonorairesRémunération des services rendus par les membres de certaines professions libérales (médecins, notaires, avocats, architectes, etc.)

Greffe : GreffeService d'un tribunal composé de fonctionnaires qui assistent les magistrats dans leur mission

Notification : NotificationFormalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne

Rapporteur : RapporteurMagistrat chargé d’instruire le dossier et de préparer un projet de jugement. Lors d’un procès, il rappelle le contenu de la demande et les échanges de mémoires.

Président de la chambre : Président de la chambreMagistrat qui dirige une chambre (ou section contentieuse) au sein du Conseil d'État. Il organise les travaux, préside les audiences, supervise l’instruction des affaires et rédige ou valide les projets de décision.

Magistrat administratif : Magistrat administratifJuge professionnel chargé de trancher les litiges entre les citoyens et l’administration

Parties (au procès) : Parties (au procès)Personne qui est engagée dans un procès civil soit en tant que demandeur, soit en tant que défendeur

Mémoire : MémoireDocument par lequel une partie (demandeur ou défendeur) présente ses conclusions (ce qu'elle demande au juge) et les moyens (arguments de droit et de fait qui les appuient). Par exemple, mémoire en défense pour la partie qui défend.Code de justice administrative : articles R411-1 à R411-6

Débat contradictoire : Débat contradictoireDébat où chaque partie est en mesure d'exposer son point de vue et de discuter des preuves, faits, arguments liés à l'affaire concernée

Ordonnance : OrdonnanceNom donné à certaines décisions de justice prises par un magistrat unique (président de juridiction, juge d'instruction, etc.). Par exemple, une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel prise par un juge d'instruction.

Rapporteur public : Rapporteur publicMagistrat d'une juridiction administrative chargé de donner, en toute indépendance, son appréciation sur les faits, le droit applicable et son avis sur la solution à donner au litige

Délibéré : DélibéréTemps après l'audience pendant lequel les juges (et les jurés à la cour d'assises) discutent entre eux pour prendre une décision ensemble sur l'affaire

Décision motivée (justice) : Décision motivée (justice)Obligation pour le juge d'expliquer les raisons pour lesquelles il a pris cette décision

Abréviations

RAR :

Recommandé avec avis de réception

Pour en savoir plus

Répartition des compétences au sein de la juridiction administrative Télérecours citoyens Télérecours - téléprocédures devant les juridictions administratives Dans quelles situations le recours à un avocat est-il obligatoire ?

Références

Code de justice administrative : article L523-1 Code de justice administrative : articles R414-6 à R414-11 Code de justice administrative : articles R421-1 à R421-7 Code de justice administrative : articles R432-1 à R432-4 Code de justice administrative : articles R712-1 à R712-2 Code de justice administrative : articles R811-1 à R811-19 Décret du 9 octobre 2020 relatif à l'utilisation des téléprocédures devant le Conseil d'Etat, les cours administratives d'appel et les tribunaux administratifs et portant autres dispositions