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Qu'est-ce qu'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) ?

Lors d'un procès devant une juridiction judiciaire ou administrative , vous pouvez contester la loi qui est appliquée si vous estimez qu'elle est contraire aux droits et libertés garantis par la Constitution. Vous pouvez poser une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) avant que l'affaire ne soit jugée. Si toutes les conditions sont réunies, c'est le Conseil constitutionnel qui va examiner la loi contestée et décider si elle ne doit plus être appliquée.

Quelles lois peuvent être contestées dans le cadre d'une QPC ?

Lors d'un procès, si vous estimez qu'une loi est contraire aux droits et libertés garantis par la Constitution , vous pouvez poser une QPC avant que l'affaire ne soit jugée.

La QPC sera d'abord examinée par la juridiction devant laquelle le procès est en cours.

Après examen, elle peut être transmise au Conseil constitutionnel .

Le Conseil constitutionnel juge alors si la loi est conforme aux droits et libertés garantis par la Constitution.

Attention

Seules les lois peuvent être contestées dans le cadre d'une QPC.

Droits et libertés garantis par la Constitution

Les droits et libertés (par exemple la liberté individuelle) sont issus de la Constitution de 1958 et des textes auxquels renvoie le Préambule de la Constitution .

Le Préambule de la Constitution renvoie aux textes suivants :

Attention

Vous ne pouvez pas invoquer un texte de droit international comme la Convention européenne des droits de l'homme du 4 novembre 1950.

Lois concernées

Le texte contesté doit être de nature législative , c'est-à-dire une loi ou une partie de celle-ci.

Les textes réglementaires tels qu'un décret ou un arrêté ne peuvent pas faire l'objet d'une QPC.

Le texte contesté doit être directement applicable à votre cas . Par exemple, si vous êtes poursuivi pour avoir enfreint tel article de loi.

Comment poser une QPC ?

Avant qu'une affaire ne soit jugée, les parties à un procès civil ou administratif ( demandeur et défendeur ) ou à un procès pénal ( prévenu , partie civile , ministère public ) peuvent poser une QPC .

La QPC peut être posée quel que soit le type de litige (civil, pénal, administratif).

Elle peut être posée lors du premier procès ou lors d'un recours ( appel , pourvoi en cassation ou en recours devant le Conseil d’État ).

À savoir

En matière pénale, si c'est une affaire criminelle , la QPC ne peut être posée que devant le juge d'instruction . Une QPC ne peut pas être posée devant la cour d'assises .

La QPC doit être posée par écrit et comporter une justification , c'est-à-dire expliquer pourquoi la loi est contestée.

Cet écrit doit toujours être à part des autres conclusions données à la juridiction.

Si un avocat est obligatoire dans une affaire, c'est l'avocat qui va poser la QPC devant le tribunal ou la cour.

Avocat

Si vos revenus ne vous permettent pas de payer un avocat, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle .

Comment est examinée la QPC par les juridictions ?

La juridiction devant laquelle la question est posée doit faire un premier examen .

La juridiction saisie d'une QPC doit examiner les points suivants  :

À noter

Un tableau du Conseil constitutionnel présente la liste des dispositions déjà déclarées conformes à la Constitution.

Lorsqu'une QPC est posée devant un tribunal ou devant une cour d'appel (judiciaire ou administratif), un examen doit se faire immédiatement.

Lorsqu'une QPC est posée devant la Cour de cassation ou le Conseil d'État, un examen doit se faire dans un délai de 3 mois .

Si les conditions de la QPC ne sont pas réunies

À savoir

Un recours est possible uniquement si la QPC est transmise.

Si les conditions de la QPC sont réunies

Comment la QPC est-elle traitée par le Conseil constitutionnel ?

Le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision dans un délai de 3 mois .

Les parties peuvent présenter des observations écrites .

Les avocats peuvent formuler des observations orales le jour de l'audience.

La décision du Conseil constitutionnel est rendue publiquement .

Le Conseil constitutionnel déclare la loi conforme à la Constitution

La loi est maintenue , elle continue de s'appliquer.

Toutefois, le Conseil constitutionnel peut apporter des précisions sur la façon d'appliquer la loi.

L'affaire peut reprendre son cours.

La loi en question continue de s'appliquer en tenant compte éventuellement des précisions du Conseil constitutionnel.

Le Conseil constitutionnel déclare la loi contraire à la Constitution

La loi en question est «abrogée» , c'est-à-dire qu'elle est supprimée, elle ne peut plus s'appliquer.

Cette suppression peut être immédiate ou reportée à une date fixée par le Conseil constitutionnel , le temps qu'une nouvelle loi soit votée.

L'affaire peut reprendre son cours, mais la loi concernée ne peut plus être appliquée.

À noter

Il est impossible de faire appel d'une décision du Conseil constitutionnel.

QPC : résumé de la procédure (infographie)

image::../Ressources/I1629.jpg[Question prioritaire de constitutionnalité : résumé de la procédure]

Direction de l'information légale et administrative

09/07/2025

Questions / réponses

L'avocat est-il obligatoire dans un procès civil ? L'avocat est-il obligatoire dans un procès pénal ?

Où s'adresser

France Services / Maison de services au public

Maison de justice et du droit

Avocat

A voir aussi :

Aide juridictionnelle lors d’une procédure en France Juridictions civiles de première instance Juridictions pénales Juridictions de recours de l'ordre judiciaire : cour d'appel et Cour de cassation Juridictions administratives

Définitons

Juridictions judiciaires : Juridictions judiciairesJuridictions civiles, commerciales, sociales et pénales

Juridictions administratives : Juridictions administrativesTribunal administratif, cour administrative d'appel, Conseil d'État

Demandeur (justice) : Demandeur (justice)Personne engageant un procès et qui demande une réparation de son préjudice

Défendeur (justice) : Défendeur (justice)Personne contre laquelle une action en justice est engagée

Prévenu : PrévenuPersonne soupçonnée d'avoir commis un délit ou une contravention et poursuivie devant le tribunal de police ou devant le tribunal correctionnel

Partie civile : Partie civilePersonne qui demande au juge chargé de la répression d'une infraction la réparation du préjudice que cette infraction lui a causée

Parquet (ou ministère public) : Parquet (ou ministère public)Corps de magistrats représentant les intérêts de la société devant les juridictions

Appel : AppelVoie de recours par laquelle une partie à un procès demande un nouveau jugement de l'affaire par une juridiction supérieure

Crime : CrimeInfraction la plus grave punissable par une peine de prison (viol, violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, meurtre, assassinat par exemple)

Instruction : InstructionPhase de la procédure pénale durant laquelle le juge d'instruction enquête sur les faits. Il rassemble les éléments relatifs à l'existence d'une infraction, à ses éventuels auteurs et aux circonstances dans lesquelles elle a été commise.

Mémoire : MémoireDocument par lequel une partie (demandeur ou défendeur) présente ses conclusions (ce qu'elle demande au juge) et les moyens (arguments de droit et de fait qui les appuient). Par exemple, mémoire en défense pour la partie qui défend.Code de justice administrative : articles R411-1 à R411-6

Pour en savoir plus

Portail de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) La question prioritaire de constitutionnalité : foire aux questions La question prioritaire de constitutionnalité : guide pratique Qu'est-ce que la question prioritaire de constitutionnalité ? Dix ans de questions prioritaires de constitutionnalité : questions - réponses Conseil constitutionnel : dispositions déjà déclarées conformes Cour européenne des droits de l'homme (CEDH)

Références

Constitution du 4 octobre 1958 : article 61-1 Constitution du 4 octobre 1958 : article 62 Ordonnance n°58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel Code de procédure civile : articles 126-1 à 126-7 Code de procédure pénale : articles R*49-21 à R*49-29 Code de justice administrative : articles LO771-1 à LO771-2